Règle intangible dans la « première ville cyclable de France » : tout chantier sur la voie publique empiète systématiquement sur l’espace dédié au vélo. Nous l’avons déploré à maintes reprises. Ne serait-ce qu’obtenir une signalisation claire à destination des cyclistes, aux abords des travaux, est déjà un combat, comme le montre cet exemple.

Toute la semaine dernière, la piste cyclable de la route de la Wantzenau (côté droit en venant du centre-ville) était brutalement coupée juste avant l’École européenne. Un petit passage était ménagé pour les piétons et rien n’était indiqué pour les cyclistes. Enfin, vendredi (12 mai) un panneau destiné aux cyclistes a fait son apparition. Il m’a plongé dans une telle perplexité que je l’ai pris en photo.

J’ai bêtement pensé qu’il fallait aller à gauche sur la route…

Là-dessus, un employé de l’entreprise SOGECA, à qui je n’avais rien demandé, vient vers moi et me demande quel est le problème. Je lui réponds poliment que la flèche vers la gauche mène directement le cycliste vers la chaussée, dans le flot des voitures.

« Vous ne savez pas lire ? Vous devez mettre pied à terre et du coup, vous devenez un piéton et vous suivez la flèche vers la droite ! »
Je lui explique respectueusement que le raisonnement est un peu trop subtil pour moi. Par ailleurs, dans notre métropole internationale, tous les cyclistes ne lisent pas le français. Pourquoi ne pas mettre le panneau à côté de celui des piétons, avec la flèche dans le même sens ?

« Ah ben si vous êtes con, y a rien à faire ! », conclut-il.

Je me suis souvenu de la lettre d’une cycliste débutante, publiée par le Blog, qui trouvait qu’il fallait un gros QI pour faire du vélo à Strasbourg ; apparemment, je ne suis pas au niveau non plus.

Mais ça finit mieux que ça n’a commencé

Repassant prudemment par là le surlendemain, je vois que ma suggestion a finalement été adoptée. Peut-être qu’un chef de chantier a eu pitié de moi !

C’est tout de même plus clair, non ?

Détail cocasse : le petit sketch avait eu lieu en même temps qu’à quelques kilomètres de là, l’équipe municipale inaugurait la première « vélorue », en chantant les louanges du paradis cyclable eurométropolitain. Pour les « cyclistes d’en-bas », c’est plutôt amendes doublées et engueulades !

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