PLU : Intervention de Thierry Roos

PLU : Intervention de Thierry Roos

Dans le cadre du débat sur le PLU, Thierry Roos, conseiller municipal de la Robertsau, a fait une intervention au conseil municipal du 22 février 2016. Nous la reproduisons ci-dessous. « Monsieur le Maire, Le PLU que vous proposez aux Strasbourgeois, qui pourront s’exprimer sur le sujet lors de l’enquête publique qui débutera le 4 avril…

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Dans le cadre du débat sur le PLU, Thierry Roos, conseiller municipal de la Robertsau, a fait une intervention au conseil municipal du 22 février 2016. Nous la reproduisons ci-dessous.

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« Monsieur le Maire,

Le PLU que vous proposez aux Strasbourgeois, qui pourront s’exprimer sur le sujet lors de l’enquête publique qui débutera le 4 avril prochain, mérite quelques remarques de ma part et quelques éclaircissements de votre part.

Le PLU a été établi entre 2011 et 2015. Malheureusement, les habitants n’ont pas été sollicités par concertation pour apporter leur contribution et devront se contenter de se manifester lors de l’enquête publique. Par exemple, en juillet 2011, Monsieur le Maire, vous annonciez la suppression du barreau papeterie suite à la forte opposition rencontrée dans le quartier ; ce barreau réapparait dans le projet de PLU que vous nous soumettez.

À la lecture de vos propositions, j’ai cherché à comprendre le pourquoi, le rationnel d’une telle politique. Augmenter une population de 50 000 personnes dans l’Eurométropole d’ici à 2030 peut être justifié, mais la thèse écologique que vous avancez, la ville sur la ville pour réduire les déplacements polluants, est-elle avérée ?

Réduire de 30% les déplacements automobiles, est-ce réaliste et souhaitable ? Dans le volet économique du PLUI, vous souhaitez revitaliser le commerce du centre-ville en soutien économique et source d’emplois à la surpopulation annoncée.

Pensez-vous vraiment que le commerce du centre-ville se porte si bien qu’il pourra se passer des consommateurs adeptes de l’automobile qui se sont rabattus sur la zone commerciale nord de Vendenheim, qui a d’ailleurs largement profité de la situation, pendant le mois de décembre où la circulation était interdite aux voitures dans le centre de Strasbourg ?

Non, je crois bien qu’il y a d’autres arguments inavoués, à commencer par les revenus du foncier et taxes d’habitations pour remplir des caisses vides. C’est à la limite compréhensible mais encore faut-il que l’offre soit alléchante face aux autres municipalités attrayantes environnantes.

Mais peut-être aussi que changer le profil sociologique de certains quartiers dont la Robertsau en est une des motivations, ceci afin de répondre à votre vision de la société. En effet, vous poussez la mixité à son maximum : alors que la loi vous oblige à 25% de logements locatifs sociaux (certains quartiers en seront dispensés), vous en proposez 45 %. Ceci est une vision très intéressante pour la diversité et la mixité, mais pourquoi  en épargner certains quartiers et en surcharger d’autres comme la Robertsau ?

Comment alors financer de telles quantités de logements sociaux réalisés par des promoteurs privés à coup de permis de construire sans en faire porter le prix par les 55% de logements non soumis aux règles sociales et en faisant flamber le prix du m2 ?  Est-ce naturel que les charges de ces logements reviennent aux voisins et non aux collectivités ?

D’aucuns préféreront alors s’installer à 10 ou 15 minutes du centre de Strasbourg en zone rurale bien moins chère et plus authentique que d’investir dans le nord de la Robertsau à 30 min du centre. Votre pari du 30% de voiture serait alors compromis.

Comme notre nouveau gouvernement, votre conception de la Cité se veut proche des Verts ou sous l’influence des partis écologistes. Mais est-ce pour de bonnes raisons ou par simple tactique politique ? Construire au Port du Rhin 7000 nouveaux logements sur des friches industrielles est souhaitable pour se rapprocher de nos voisins de Kehl et faire de ce quartier la porte de France, accueillante pour les visiteurs d’Outre Rhin et à la hauteur de la réputation de notre beau pays.

Mais que dire de la Robertsau, deuxième zone en nombre de logements  prévue par le PLU ? Quartier déjà hyper densifié qui va voir sa population augmenter de 30 % sans voies d’accès suffisantes, avec un projet de nœud multimodal incohérent excentré en zone pavillonnaire à l’Escale, sans réalisme socio-économique de déplacement des populations, avec  un éco-quartier qui jouxte une zone  Seveso du port aux pétroles sans y entreprendre l’éloignement du danger et ceci au mépris et aux dépens du biotope, de la faune et de la flore existantes…

Des terres cultivables, me direz-vous, certes, mais elles ne sont pas pour autant exemptes d’un certain équilibre écologique. Bien que le projet de jardin participatif et culturel à l’entrée de la Robertsau soit éminemment intéressant et novateur, son annonce est symboliquement concomitante avec le lancement du PLU qui voit quand même 80 hectares de zone vertes de l’Eurométropole reclassées en zone constructible. Cela représente la moitié de la superficie du centre-ville de Strasbourg. Il aurait été tellement plus logique encore une fois d’installer les activités du port aux pétroles hors de notre Ville et d’y construire ces logements au bord de l’eau.

Le volet économique du PLU consiste à renforcer nos acquis sur le site du Port Autonome de Strasbourg et à développer les implantations industrielles créatrices de richesses et d’emplois. Force est de constater que ces entreprises s’installent avant tout de l’autre côté du Rhin, certes créatrices d’emplois comme à Lahr, mais ne contribuant pas au développement de notre ville.

L’innovation, le digital et les biotechs sont des pôles encourageants mais encore en voie de développement et c’est sur ces points qu’il faudra compter pour retenir nos jeunes diplômés plus que sur l’espoir de voir s’implanter des industries au Port Autonome.

Je m’interroge donc sur les 50 000 nouveaux Strasbourgeois, d’où viendront-ils ? Seront-ils des Bas-Rhinois ? Seront-ils de nouveaux arrivants et surtout, pourrons-nous satisfaire la demande d’emploi ? Ou construirons-nous en blanc avec un risque d’échec et de paupérisation  de notre ville ?

Je vous remercie. »

Thierry Roos

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Le Conseil Municipal du 22 février 2016 sur Strasbourg.eu

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