[Municipales] Jean-Philippe Vetter et la Robertsau.
Que proposent le candidat Jean-Philippe Vetter et sa liste pour la Robertsau ? À quelques jours du premier tour des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, nous faisons le point.
Dans son édition de mars 2026 de l’Echo de la Robertsau, l’ADIR (Association de Défense des Intérêts de la Robertsau) interroge les principaux candidats qui se présentent pour les élections municipales de Strasbourg les 15 et 22 mars 2026. Même si on reste sur des réponses plutôt convenues pour ne pas trop fâcher tout le monde et se laisser des marges de manœuvre en cas de retournement de situation, cela donne quelques pistes pour savoir à quelles sauces les Robertsauviens seront mangés en cas de victoire de Jean-Philippe Vetter.
Le titre de cet article est presque un pléonasme : Jean-Philippe Vetter, c’est la Robertsau. Élu depuis 2021 conseiller départemental du canton 3 dont fait partie la Robertsau, il connaît le quartier. Est-il pour autant en terrain conquis ? On pourrait le croire au premier abord, la réalité est beaucoup plus nuancée.
Jean-Philippe Vetter, tout comme Pierre Jakubowicz, est parti très tôt en campagne. Avec son slogan « Aimer Strasbourg ». Il a parcouru les marchés avec un magnifique stand à boissons chaudes. Malheureusement, il s’est pris les pieds dans le tapis avec un logo très, très, très t-r-è-s proche du logo Strasbourg mon Amour. On est dans le plagiat. Cœur orienté à droite et évidé en son centre. Après un courrier de l’office du tourisme, il l’a abandonné.

Pour celui qui veut représenter l’autorité (il y a des tartines à ce sujet dans son programme) commencer par ne pas respecter le droit d’auteur, c’est ballot.
Autre couac, son grand banquet républicain qu’il devait organiser à Pourtales plage au Château de Pourtales et qui a été annulé pour cause de déluge. Petit problème, le Parc du château est en plein PPRT (Plan de Protection des Risques Technologiques). C’est un texte officiel de l’État, mis en œuvre par la Préfecture du Bas-Rhin, qui décrit les mesures pour nous protéger des dangers du Port aux pétroles.

Dans un post sur les réseaux sociaux, il annonce que près de 400 personnes se sont quand même déplacées bravant les intempéries. Bien. Sauf que d’après le PPRT, il est interdit tout rassemblement de plus de 100 personnes.
Rue Boecklin, transport et urbanisme
Dans l’ECHO de la Robertsau, Jean-Philippe Vetter dit à propos de la rue Boecklin :
Nous maintiendrons une accessibilité équilibrée entre piétons, vélos et voitures, ainsi qu’un stationnement pragmatique (zone bleue adaptée). Le marché bihebdomadaire restera à son emplacement actuel et sera dynamisé.
Tout comme son camarade du centre et Catherine Trautmann, le candidat parle d’une situation qui n’existe pas, il n’y a pas de rue Boecklin de situation équilibrée, car il n’y a AUCUN espace pour les vélos. Quant au marché, on lui souhaite bon courage pour le dynamiser, car ce sont les commerçants actuels qui font bloquer toutes évolutions ou extensions.

Sur les transports, adieu le tram Nord :
L’extension du tram ne peut être un dogme. Le projet de tram Nord a montré les limites d’une approche mal concertée. Dans un contexte budgétaire très affaibli, je privilégie des solutions souples et efficaces : renforcement des lignes structurantes (6 et 70), retour d’une navette électrique de quartier, développement du bus à la demande.
Il faudrait que Jean-Philippe Vetter prenne plus souvent les bus. Il constaterait qu’ils sont saturés et que la circulation des rues structurantes de Schiltigheim empêche toute augmentation du cadencement. Sur la navette, les études faites par les services de la CTS montrent et démontrent qu’elle n’est pas pertinente. Mais Jean-Philippe Vetter est bien capable de la faire, ne serait-ce que pour ne pas se renier auprès de son premier cercle de soutien dans le quartier, quitte à prendre de l’argent sur un projet plus pertinent ailleurs.
Enfin, morceau de choix sur l’urbanisme :
Je défends une priorité à la réhabilitation du bâti existant, à la remise sur le marché des logements vacants et à la lutte contre les détournements d’usage. Si l’on continue à construire ainsi, tous les quartiers vont finir par se ressembler. Je souhaite que l’on respecte l’identité et la spécificité de la Robertsau. La protection des espaces verts, la lutte contre la disparition des zones pavillonnaires et la sanctuarisation de la Ceinture Verte doivent être renforcées dans le PLUI.
Commencez par économiser, car il ne sera plus possible de se loger à Strasbourg et particulièrement à la Robertsau. À moins de faire disparaître toutes les demandes de logements des habitants d’un coup de baguette magique, comment le candidat va-t-il y répondre ? Comment va-t-il interdire à des propriétaires de vendre à des promoteurs ? Comment les promoteurs vont-ils travailler et faire travailler les entreprises ? Autant de questions dans lesquelles nous sommes dans le flou. Et quand c’est flou…
Rue Mélanie et Conseil Européen d’Alsace
Pour finir, il y a la position de Jean-Philippe Vetter qui nous chatouille (pour être gentil et poli). On comprend que dans une élection il faut ratisser large, promettre sans s’engager, se faire le porte-parole des mécontents. Mais quand même, on pensait qu’il était plus républicain que cela.
Sur la rue Mélanie, il a bel et bien voté le plan vélo qui comportait la création d’une piste cyclable (oui oui bien une piste cyclable et non un itinéraire cyclable). Ce plan vélo, qui faisait suite à un pré-projet de 2019 également voté à l’unanimité. Et c’est ce plan vélo qui a été mis en œuvre, non par dogmatisme, mais par continuité républicaine, par l’actuelle majorité de l’EMS. Alors, venir mettre de l’huile sur le feu…

Comment sera Jean-Philippe Vetter en tant que maire de Strasbourg s’il est élu le 22 mars prochain ? Il nous promet dans son pacte sur la démocratie locale de « publier chaque année un bilan » et des « échanges directs avec le maire ». Nous en prenons bonne note.
Pouvons-nous juste rappeler que Jean-Philippe Vetter est déjà élu ? Cela vous a peut-être échappé, mais il est Conseiller Départemental depuis 2021 à la CEA. Quant à son bilan et ses actions, nous avons vainement cherché sur Internet le début d’un bilan, nous n’avons rien trouvé. Même ChatGPT s’y est cassé les dents.








