Tram Nord : la voiture, une drogue dure
Le cocktail du déni du changement climatique, de l’addiction à la bagnole et de la proximité des prochaines élections municipales a fini par faire exploser le ô combien nécessaire projet de tram Nord.
La bagnole est une drogue dure. L’édifiant rapport des commissaires enquêteurs sur le tram Nord est au diapason de l’ambiance actuelle : le déni du réchauffement climatique et de ses conséquences sur la santé des Strasbourgeois.
Les atterrantes conclusions des enquêteurs qui, comme le souligne Rue89 Strasbourg, « estiment que le tram nord et ses aménagements piétons et cyclistes vont trop obérer les axes routiers actuels » sont la négation des catastrophes à venir. Évidemment que le tram va faire baisser la circulation automobile… c’est même son but. Ah la voiture, une drogue dure dont il est difficile de se défaire.
Mais les enquêteurs n’ont donné aucune réponse aux problèmes du Nord de l’EMS. On pourrait citer par exemple la qualité de l’air qui dans le bassin du Rhin est souvent rouge, voire cramoisie. Une nouvelle étude de Santé publique France vient d’ailleurs de le confirmer « Asthme, cancer, maladies cardiovasculaires : les ravages de la pollution de l’air chiffrés par Santé publique France » et dont les bénéfices d’améliorations sont également documentés. Encore faut-il lire les études et les comprendre… (une chose difficile apparemment aujourd’hui).

On citera également les bus surchargés, que la lettre ouverte du collectif Cap tram Nord qui demande aux maires du Nord (Hoenheim – Bischheim – Souffelweyersheim) « quelles sont leurs propositions pour répondre aux besoins de transport des habitants » souligne. Comme nous l’écrivions, beaucoup de personnes (voir Tram Nord, il est déjà dans la tête des habitants !) ont choisi de s’installer dans le Nord justement parce que le tram arrivait. Aujourd’hui, on se retrouve sans tram et avec un réseau bus saturé. (voir notre article Collectif Cap tram nord : les maires de Bischheim, Hoenheim et Souffelweyersheim interpellés).
Pour la Robertsau, c’est la perte de l’accès direct vers la gare et l’attractivité du quartier d’affaires et du quartier Européen qui va en pâtir. (voir Tram Nord : une chance pour la Robertsau).
On s’amusera, parce sinon c’est triste à pleurer, de Catherine Trautmann qui a totalement vrillé et qui a milité contre le tram Nord au fur et à mesure que l’on se rapprochait des prochaines élections municipales. Pourtant elle s’est abstenue lors du choix du tracé lors de la délibération du 17 décembre 2021. On se souviendra que déjà en choisissant de faire passer le tram rue Pierre Mendès France, Catherine Trautmann avait fait une erreur.

Ci-dessous le vote du conseil de l’Eurométropole de Strasbourg du 17 décembre 2021 sur le choix du tracé. On notera que Catherine Trautmann s’est bien abstenue. Cela signifie bien qu’elle n’était pas contre. Mais ça, c’était trop loin des échéances municipales. On s’amusera également du vote pour de Vincent Debes, le maire de Hoenheim, qui a fait un 180° lors de l’enquête publique. On vous laisse pointer ceux qui ont changé d’avis entre temps.
Il y pourtant 35 ans, la même Catherine Trautmann passait le projet tram au forceps alors que l’opposition réclamait un référendum… qu’elle a refusé. On va vite relire la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la Peste« … Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Enfin, dernière source d’interrogation sur les conclusions de la commission d’enquête, c’est le sérieux du dossier de l’administration de l’EMS. L’administration connait parfaitement la mécanique des dossiers d’enquêtes publiques des trams, elle en a l’expérience et la technicité. Elle n’aurait jamais déposé un dossier bancal qui puisse mettre en cause le projet.
Sortir du tout voiture dont les villes sont malades depuis les années 60/70 est une chose bien compliquée, surtout quand les ambitions politiciennes passent avant l’intérêt général et le bien-être des générations futures.







