[Tribune] : Strasbourg, ville durable

[Tribune] : Strasbourg, ville durable

Nous publions ci-dessous une tribune du conseiller municipal Thierry Roos où il souhaite un frein de la politique “de la ville sur la ville” pour “remettre de la campagne en ville”. Tant mieux, nous ne pouvons que nous en réjouir. A-t-il abandonné son souhait de construire un parking près de l’université ? 

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la carte des répartitions de températures à Strasbourg © Adeus

Le G20 vient de terminer ses travaux, avec comme première préoccupation, la nécessité absolue de combattre le changement climatique. L’épisode inédit de canicule que nous avons traversé ces derniers jours dans le sud de l’Europe et notamment à Strasbourg, nous le rappelle gravement.

Il serait temps qu’en 2020, l’équipe qui sera amenée à diriger notre Ville revoit le plan local d’urbanisme qui, aujourd’hui, est devenu totalement caduc et incompatible avec la crise du climat que nous vivons. La bétonisation qui crée des îlots de chaleur et le développement des voies de circulation qui encouragent au « tout voiture » en sont la preuve.

Certes, la lutte contre le nombre de voitures en ville nous incite à revoir la mobilité de chacun, mais il faut également revoir cette vision passéiste de l’urbanisation à l’œuvre à Strasbourg depuis 10 ans. Celle-ci doit désormais être en accord à la fois avec la demande forte de logements et les dangers qui nous obligent à veiller et à préserver la planète en faisant que la ville redevienne respirable et vivable.

Densifier la ville ne peut pas se faire au dépend de la nature et de de la santé des habitants. L’urbanisation doit être mieux répartie, plutôt que concentrée sur deux quartiers : l’axe Deux-Rives et la Robertsau. Le premier entièrement urbanisé et sur-densifié, sans espaces verts et le second, un quartier maraîcher dont on a pillé le patrimoine naturel.

Le livre blanc publié à l’issue des ateliers de projet sur le parc naturel urbain nous enseigne que les strasbourgeois demandent un moratoire sur l’urbanisation prévu par le plan local d’urbanisme aux dépens des zones naturelles. Il est remarquable de noter, dans le même esprit, que la première pétition citoyenne à avoir récolté 2.500 signatures et qui a été portée au conseil municipal, porte sur la préservation de la ceinture verte de la ville de Strasbourg largement bétonnée et bitumée. C’est une prise de conscience forte des citoyens auquel nous ne pouvons rester inactifs. Comment ne pas être sensible à la parole des jeunes qui s’engagent et descendent dans la rue, bousculent leurs parents, les sensibilisent pour leur faire changer de vision sur nos modes de vie, nos modes de transports et l’aménagement de nos villes ?

Nicolas Hulot a déclaré : « nous sommes en guerre, il faut faire l’union face à l’urgence climatique. » L’ancien ministre de la Transition écologique nous rappelle à quel point il est indispensable d’affronter ensemble le défi climatique. Nous devons absolument nous rassembler, au-delà de toutes nos barrières politiques pour changer nos modes de vie. En temps de guerre, on est capable de s’unir sur l’essentiel. Et nous sommes en guerre !

Certains partis ont fait de l’écologie leur combat en chasse gardée, en paravent d’une politique de gauche et d’extrême gauche, et d’autres en ont fait un argument de marketing électoral. Il est temps désormais d’intégrer cette composante écologiste dans la gouvernance non partisane “ni droite-ni gauche”. J’ai proposé au conseil municipal qu’un budget substantiel de la Ville soit voté et dédié aux urgences climatiques, tout comme nous dédions des lignes budgétaires pour la santé ou le social, et ceci afin de financer les dépenses liées au climat : gratuité des transports en commun pendant les pics de pollution, stationnement gratuit pour les véhicules propres, développement des bornes de recharges électriques (presque inexistantes à Strasbourg) ou encore le développement et la préservation des espaces verts.

J’ai eu l’occasion de faire un repérage, avec un spécialiste d’Alsace Nature, des espaces naturels de la Robertsau destinés à être construits d’après le PLU voté en 2016. Des kilomètres carrés d’espaces naturels pour lesquels 3.000 logements sont prévus… Il faut se rendre au cœur de ces espaces pour comprendre combien ils sont précieux, ne serait-ce que pour limiter les hausses de températures en période de fortes chaleurs. Ces « dents creuses » sont en effet abondamment utilisées par la faune et la flore pour leur développement : renards, lièvres, chevreuils, forêts, champs, bosquets, haies, arbres fruitiers, etc… Diagnostic du Dr. ROOS, comme dans la série « urgences » : il ne s’agit pas de dents creuses, mais de dents vertes qui donnent le sourire à nos enfants.

Ce n’est pas à la nature de s’adapter à la ville mais à la ville de s’adapter à la nature. Arrêtons de construire la ville à la campagne et faisons revenir la campagne à la ville. Il est temps d’instaurer un moratoire contre la destruction des espaces verts. Je lance un appel à tous les candidats aux prochaines élections municipales, afin qu’ils se prononcent clairement pour une modification du PLU visant à ne plus construire sur des zones naturelles quelles qu’elles soient, et à mettre en place une véritable politique de redéploiement des logements vides (10 000 à Strasbourg).

S’il n’y a pas de plan B pour la planète, il y en a encore un pour Strasbourg et les Strasbourgeois. En 2020, je m’y engagerai.

Thierry ROOS
Conseiller municipal de Strasbourg

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