Le foyer Saint-Louis : un siècle de présence
À l’occasion des Journées du patrimoine qui se déroulent ce week-end et qui sont consacrées au « patrimoine du XXe siècle », nous vous proposons un petit rappel de l’histoire d’un bâtiment qui a marqué l’histoire de notre quartier au cours du XXe siècle et dont la disparition est aujourd’hui programmée.
Le foyer Saint-Louis a été construit en 1910 par Eugen Sigrist. Avec Gustave Oberthur et Emile Maechling, il est l’un des 3 grands architectes robertsauviens de la 1ère moitié du XXe siècle. Sa renommée dépassait largement Strasbourg et l’Alsace. Notre faubourg lui doit notamment la construction de l’hôpital Saint-François et de plusieurs villas et immeubles rue des Fleurs, rue Kempf et rue des Jardiniers. C’est d’ailleurs dans cette dernière qu’il a construit sa propre villa, dans laquelle résident encore ses petits-enfants.
Plus de cent ans après son inauguration, il faut remarquer que ce bâtiment est toujours parfaitement sain et solide sur ses fondations. Deux guerres mondiales, les goûts changeants des hommes, n’ont entraîné que des modifications mineures : c’est dire que le foyer a été bien pensé, bien conçu. L’aspect architectural extérieur n’a en rien été altéré. Il suffit d’observer quelques photographies.
La carte postale de 1930 représente de façon certaine le bâtiment d’origine.
La première transformation a eu lieu en 1960 : construction d’un appartement mansardé et suppression de la porte n° 2.
La deuxième transformation date de 1984 : les grandes baies vitrées de la façade latérale (sur la cour) ont été murées et remplacées par des fenêtres rectangulaires plus petites.
À l’intérieur, il y a une belle et grande salle aux lignes harmonieuses qui a été mise en conformité et aux normes de l’époque en 1968.
Une cuisine et d’autres salles aux capacités variées complètent cet ensemble.
C’est d’ailleurs grâce à ces structures diversifiées que le foyer Saint-Louis représente aussi un patrimoine immatériel d’importance. Le Foyer, s’Vereinshüs, c’est plus d’un siècle de vie associative, de vie paroissiale et de vie familiale.
Destiné à l’origine à l’accueil des réunions et des répétitions des sections de l’Aloysia La Robertsau, il a permis le déroulement de concerts, de représentations de théâtre alsacien, de la tenue de fêtes de Saint-Fiacre… La vie culturelle locale s’y est épanouie.
La vie sportive était présente elle aussi. Le « Bengele » y avait ses entrées, en particulier par sa section de gymnastique. En 1964, il devint le Foyer Club des Jeunes (FCJ Robertsau, dont les handballeurs furent glorieux), précurseur de l’ ASL Robertsau, qui fut créé en 1979, lors d’une réunion dans ce foyer.
D’autre part, sa grande salle a été un cadre idéal pour de nombreuses conférences, réunions politiques ou assemblés générales des associations du quartier.
Enfin, les scouts y ont eu leurs activités ; et combien de mariages, d’anniversaires, de départs à la retraite…
Certes, aujourd’hui à la Robertsau comme partout en France, l’activité des associations et le travail des bénévoles sont au creux de la vague. La vie collective, culturelle, le « vivre ensemble » s’y expriment sur un mode différent d’autrefois. Mais le besoin de lieux et de structures diversifiées est toujours d’actualité et au foyer Saint-Louis, on trouve cette diversité de locaux.
Il faudrait éviter qu’à la Robertsau, à cause d’une politique de densification excessive, on augmente le nombre d’habitants tout en détruisant les lieux de fêtes et de rassemblements citoyens ; et où, plus rien ou si peu, ne pourrait se passer, faute de structures adéquates.
Qu’en penseraient nos successeurs ?
Pour conclure dans une langue qui a souvent fait vibrer les murs du foyer : Mer meen s’ Vereinshüs rette. Des esch unseri Pflecht. (Notre devoir est de sauver le foyer Saint Louis.)
S’Vereinshüs…: la maison des associations. Qu’il est prévu de détruire et de remplacer par une « maison paroissiale », à côté de l’église. Les mots ne sont jamais neutres.
http://www.sueddeutsche.de/muenchen/ebersberg/ebersberg-kirche-will-lieber-geld-als-fluechtlinge-1.2651058
Je sais, ça n’a pas vraiment de rapport. Quoi que…
(En gros, en Bavière, un curé préfère vendre un important bien immobilier plutôt que d’y accueillir des immigrés.)