Fabrique à images : comment la presse peut-elle encore se faire avoir ?

Fabrique à images : comment la presse peut-elle encore se faire avoir ?

Les élections municipales sont dans deux ans, mais en réalité dans un an s’ouvre les comptes de campagne. C’est pourquoi il va y avoir beaucoup d’inauguration dans l’année. A la Robertsau, c’est un cérémonie presque ridicule où des officielles viennent planter des graines sur un chantier pas fini.

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La pose des premiers rails du tram a été l’occasion d’une mise en scène où les communicants fabriquent des images pour mettre en scène les élus. Comment en 2018 la presse peut-elle encore tomber dans le panneau ? 

Les coulisses de la mise en scène – Photo MLB

Les élections municipales sont dans deux ans, mais en réalité, dans un an, s’ouvrent les comptes de campagne. C’est pourquoi il va y avoir beaucoup d’inaugurations dans l’année. À la Robertsau, c’est une cérémonie presque ridicule où des officiels viennent planter des graines sur un chantier pas fini et mal-aimé. 

L’invitation a été lancée à un petit comité pour le vendredi 23 mars à 14h30 et a tenu ses promesses en participation populaire : à tout casser une vingtaine de personnes étaient présentes. Le but était double, faire de “belles images” pour la presse avec une composition pour les photos et surtout ne pas permettre aux Robertsauviens d’exprimer leurs opinions sur ce tram. 

La même image partout

Pour la fabrique à images c’est réussi puisque la photo où les officiels plantent leurs graines a été reproduite à l’identique sur de nombreux médias. Ci-dessous un montage des Dernières Nouvelles d’Alsace, de France Bleu Alsace et de 20 minutes Strasbourg

On est bien ici en présence d’une composition d’image pour mettre en situation les élus de manière positive. Pourtant sur place il n’y avait presque personne, à peine une vingtaine de personnes, et le chantier tram est lancé depuis belle lurette. Alors quel sens avait cette cérémonie ? Pourquoi accepter la mise en scène et ne pas faire un pas de côté pour au minimum apporter un autre regard ? Ou tout simplement ne plus aller systématiquement aux conférences de presse comme le fait Rue89 Strasbourg

L’émission Quotidien montre souvent les coulisses de la composition des conférences de presse. Pourquoi ne pas le faire au niveau local ? 

Enlevez les techniciens, les assistants, les élus… il ne reste pas grand monde. Qui a peur des Robertsauviens ? photo MLB

C’est que l’extension du tram E à la Robertsau ne séduit pas les habitants et que la grogne se fait de plus en plus entendre.

On connait l’analyse technique et très pertinente du dossier de Christine Geiller Legros qui était venue avec un petit panneau pour dénoncer le “tram des mensonges”, 

Mais il y a également ici et là des manifestations d’humeur comme cette photo du chantier tram que nous a transmise un lecteur du Blog de la Robertsau. 

Ou encore celle-ci : 

Une réponse pleine d’humour de Thierry Roos

Le conseiller municipal a trouvé une manière originale de répondre à cette mise en scène : 

Plus de verdure et moins de béton à la Robertsau : après-midi verte avec Dimitri (NDLR Directeur d’Apollonia) . « J’ai semé quelques fleurs 💐 qui fleuriront bientôt, mais pas sous le tram ! »
Voltaire disait: « Il faut cultiver notre jardin », c’ est une métaphore qui signifie : laissons de côté les problèmes métaphysiques (critiqués tout au long de Candide à travers l’image du philosophe Pangloss), et occupons-nous au contraire des choses que l’on peut changer, améliorer. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut s’appliquer à faire évoluer la société et à la rendre meilleure. Sans être Candide , je crois que ça vaut la peine de se bouger pour préserver notre ville et en particulier le jardin d’Apollonia.

 

 

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