Place du Corps de garde / rue Freysz : les arceaux sont en place
À l’occasion de l’installation d’un arrêt de bus rue du Docteur Freysz, il y a eu un déplacement des arceaux à vélo, particulièrement appréciés les jours de marché.
Depuis mai 2026, la CTS et l’Eurométropole ont installé un nouvel abribus rue du Docteur Freysz pour la ligne 15. Tant mieux pour les voyageurs des transports en commun qui seront protégés des intempéries ou du soleil.
Les arceaux à vélos ont donc quitté le trottoir de la rue du Docteur Freycz (sauf deux devant l’entrée du foyer Saint-Louis) pour rejoindre la place du Corps de Garde.
Un changement de paradigme
Le sujet peut paraître anecdotique. Mais il illustre très bien les nouveaux rapports de forces entre mode de transport à la Robertsau et à Strasbourg.
La voiture occupe environ 70 % de la place de l’espace public. Les bus et tram de la CTS sont prioritaires dans l’aménagement des rues. C’est par exemple pour cela que la rue Boecklin n’est toujours pas « pacifiée » car il faut faire passer les gros bus de la CTS (vous savez l’État dans l’État dans l’agglomération de Strasbourg).
Mais le vrai changement de paradigme des dernières années, c’est l’explosion phénoménale de la part modale (c’est comme ça que l’on parle dans les administrations) des déplacements à vélo et à pied. (voir enquête de l’ADEUS). Aujourd’hui (l’enquête date de 2024), près de 52 % des déplacements dans l’Eurométropole se font à pied (41 %) ou à vélo (11 %) contre 41 % en 2009. Dans le même temps, les déplacements en voiture ont baissé de 11 %, passant de 47 % à 36 %. Les transports en commun sont stables à 12 %.
Un renversement des rapports de force des modes de transports qui peut se constater assez simplement quand vous allez au marché de la Robertsau. On a beau augmenter le nombre d’arceaux à vélo, ils sont tous occupés et archi occupés. De même, vous pouvez voir les samedis matins, une étrange balaie de Robertsauvien se rendant au marché avec des chariots à roulettes et ils sont de plus en plus nombreux.
C’est ainsi que les arceaux à vélos sont tous pris d’assaut, y compris les nouveaux.
C’est tellement vrai que les vélos fleurissent à côté de l’abri, même sans arceaux.
Ceux devant les cours Saint-Louis sont presque pleins. Ainsi que ceux devant la Banque Populaire.
La preuve est là. Plus on propose d’infrastructures pour les modes doux, plus ils sont utilisés. Et c’est tant mieux pour la convivialité du marché qui tout doucement prend le chemin d’un apaisement. À la lecture des chiffres de l’ADEUS, un responsable public se dirait qu’il faudrait rééquilibrer la place des modes de transport sur l’espace public. Si la voiture diminue de 11 %, il serait bon qu’elle puisse diminuer d’emprise de 11% pour laisser plus de place aux piétons et aux vélos… encore faut-il que ce responsable comprenne les études. Ça, c’est une autre histoire. Certains diraient : « tous aux abris…bus ».









