La relégation d’Arthur Bossler

La relégation d’Arthur Bossler

Le dernier conseil municipal a décidé d’attribuer le nom d’Arthur Bossler, résistant robertsauvien, à un « square » coincé entre la Poste, le cimetière et le monument aux morts. Arthur Bossler méritait mieux, non ?

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La démagogie et la précipitation sont rarement bonnes conseillères. Ça fait bien deux ans que le Souvenir Français de la Robertsau cherchait à honorer la mémoire d’un Robertsauvien, qui s’était illustré dans la Résistance, durant la Seconde guerre mondiale, Arthur Bossler, en dénommant une rue ou une place à son nom. La précédente Municipalité n’avait pas apporté de réponse à cette recherche, privilégiant la féminisation des noms de rues et places, pour rattraper un retard historique en la matière.

Sans doute moins préoccupé par cet objectif d’égalité femmes-hommes dans notre espace public,  – et peut-être motivé par d’autres raisons plus politiciennes -, notre nouvel adjoint de quartier s’est empressé de pousser l’idée de créer un « square Arthur Bossler ». Pour cela, il a choisi un coin reculé de notre quartier, « entre la place du corps-de-garde et la rue Boecklin », dit la délibération, i.e. entre Poste, cimetière et monument aux morts, coin que beaucoup de Robertsauvien.nes regardent pourtant d’un oeil soupçonneux, les trafics qui y circulent n’étant pas toujours recommandables.

Le futur « square Arthur Bossier », coincé entre la Poste, le cimetière et le monument aux morts.

Décision étonnante et décevante. Parce que Arthur Bossler méritait mieux que cette relégation et on aurait sans doute trouvé mieux, si on avait pris le temps. Et consulté les Robertsauvien.nes, peut-être ?

Si nous avions été consultés, par exemple, au Blog, nous aurions proposé de nommer « Square Arthur Bossler » le carré désormais arboré du 66 de la rue Boecklin, partie des cours Saint – Louis tournée vers la rue Boecklin.

Contre-proposition, vouée à l’échec.

Quel sens nettement plus éloquent un tel choix eût-il porté !

Grande visibilité et lieu de passage, forte fréquentation par nos jeunes (dont les cohortes de scouts et guides) et moins jeunes, qui viennent s’y détendre, et, surtout, lieu d’une des résistances les plus marquantes des Robertsauvien.nes aux funestes projets de bétonisation portés par les amis de l’actuelle maire de Strasbourg. Toutes proportions gardées bien sûr, personne dans cette résistance-ci n’ayant risqué sa vie comme le fit Arthur Bossler.

Implacable cohérence de symbole, de lieux et d’époque : résistance commémorée, car en voie d’oubli, autour du monument aux morts versus résistance actuelle, vivante et citoyenne, – et peut-être prémonitoire -, au 66.

On comprend qu’une telle idée aurait été bien plus difficile à porter par notre nouvel élu de quartier. En effet, cela lui aurait valu de reconnaître, primo, la faillite historique de ses alliés municipaux trautmanniens dans cette affaire du foyer Saint-Louis, mais aussi, deuzio, la réussite d’une démarche de démocratie participative exemplaire mise en oeuvre par son prédécesseur. Mauvaise idée, donc.

Plus confortablement, on a préféré affirmer son nouveau pouvoir : la tentation était trop grande de régler très vite un dossier que l’ancienne Municipalité avait laissé en plan, histoire de montrer que les choses allaient changer.

A faire trop vite, on fait mal.

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