UGC : le pire des mondes

UGC : le pire des mondes

Comment vous faire détester profondément le fait d’aller au cinéma pour voir des films ? L’UGC Cité Ciné vient de passer un cap qui rend cette expérience insupportable.

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J’aime le cinéma depuis toujours et particulièrement le fait d’aller voir un film en salle avec des amis. Une comédie, un film d’action ou de frissons, une œuvre plus profonde, le fait de vivre ce moment avec d’autres personnes est un vrai bonheur. En fait, je devrais dire « était », et parler au passé. Car, l’UGC Ciné Cité de Strasbourg vient de passer un cap qui fait que ce moment devient particulièrement pénible. 

Samedi 8 août, rendez-vous avec des amis pour se rendre (à vélo c’est tellement plus pratique) à l’UGC Ciné Cité de Strasbourg pour voir la séance de 17h00 de la deuxième partie du film réalisé par Antonin Baudry « La bataille de Gaulle : j’écris ton nom ».  La première partie, L’âge de fer, était déjà exceptionnelle avec un Simon Abkarian totalement bluffant, la deuxième partie s’annonçait sous les meilleurs augures. Grand écran, grand personnage, grand réalisateur… Un magnifique moment en perspective. 

1 / C’est à vous d’acheter votre billet

À l’UGC, comme ailleurs, c’est à vous de vous délester de votre argent pour avoir votre billet d’entrée. Alors, aujourd’hui, c’est monnaie courante dans de nombreux commerces d’avoir des caisses automatiques (McDonald’s, supermarchés, etc.). Mais on n’achète pas une place de cinéma comme on le fait avec le menu Best-off, il s’agit d’un bien culturel soutenu par une volonté d’État. D’autant que maintenant, les caisses avec des « vraies personnes » sont rares, le jour de notre passage c’est bien simple, il n’y en avait qu’une (celle de la confiserie). Et encore, la pauvre personne (certainement un étudiant) se débattait avec une dame qui visiblement avait une question qui le dépassait. 

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En plus, je ne sais pas qui a fait l’interface graphique de ces bornes de caisses automatiques, mais trouver son film relève du parcours du combattant. Et il suffit de traîner un peu l’oreille sur les caisses voisines pour comprendre que l’on n’est pas seul à avoir des difficultés pour acheter son-ses billets. 

2 : choisir sa place

Cerise sur le gâteau, il faut maintenant choisir sa place comme dans un avion. Alors, cela peut se comprendre si vous avez l’intention de vous rendre à Longyearbyen (la capitale administrative de l’archipel du Svalbard en Norvège), mais pour une séance de cinéma, est-ce vraiment nécessaire ? Tout d’abord, si vous venez à plusieurs, il faut impérativement que vous fassiez votre réservation en même temps ou qu’une seule personne le fasse. Les moyens de paiement peuvent être différents : CB, espèces, cartes d’abonnement, tickets individuels, etc. Enfin, comment voulez-vous juger sur un vague plan de la pertinence de votre place ? Parce que si cela se trouve, vous aurez en F8 un spectateur qui fait plus de 2 m avec une coiffure haute, et que finalement vous allez vous décaler un petit peu. Ou alors que votre fauteuil est défoncé et n’est pas en forme (c’est du vécu) et choisir celui d’à côté. 

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La réservation de place peut s’entendre sur les avant-premières ou des séances très spéciales et encore. Pour moi, cela génère plus de conflit que cela ne règle de problème. À mon avis, UGC a une idée dernière la tête et commence tout doucement à vous habituer à choisir vos places pour peut-être un jour, avoir des tarifs différenciés en fonction de l’emplacement, avoir un carré d’or… Je n’en sais rien. Mais je ne vois pas le groupe UGC faire ce genre de chose sans avoir un objectif. D’autant que le service n’est pas là. Personne ne vous place, personne ne vérifie que vous êtes à la bonne place. À vous de trouver votre place, et dans la pénombre, c’est très difficile de la trouver. 

UGC11.jpgPire, quand la séance commence, quand les lumières s’éteignent logiquement, plus personne ne devrait rentrer dans la salle. Dans les faits, ce n’est pas le cas. Dans ce cas-là, c’est la lumière de smarphone activée, et au lieu de prendre la première place venue pour déranger le moins de monde, on cherche sa « bonne place » et si par malheur elle est occupée, cela peut encore faire une histoire. Tout cela crée de la tension inutile entre les spectateurs. Et franchement, le placement libre fonctionnait très bien. 

3 / confiserie en libre service

Alors la confiserie était déjà en libre-service à l’UGC. Mais visiblement, les salaires des deux pauvres étudiants-es devaient encore être trop élevés. Maintenant, c’est à vous de payer sur des bornes. Voici donc un tout nouvel espace de douceurs où vous pouvez tranquillement vous servir. 

Il faut le reconnaître, l’espace est plutôt joli, bien organisé et attrayant. De jolies gondoles rondes, des frigos, des comptoirs achalandés et colorés. Tout cela attire l’œil. 

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Mais une fois que vous avez fait votre choix, vous allez scanner vos articles sur les caisses automatiques et directement payer. Vous pensez pouvoir ensuite tranquillement profiter de votre séance ? Que nenni. Il va falloir montrer patte blanche au contrôle des billets qui maintenant va également contrôler que vous avez bien réglé vos pop-corns et ne dégager le billet pas.

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En ce qui me concerne, j’aime les humains et nous avons acheté notre bouteille d’eau au stand confiserie avec une vraie personne. On s’installe quelques instants avant de rentrer dans la salle avec nos bouteilles à la main, et là, le contrôleur nous demande de présenter la facture de notre achat. Inutile d’essayer de parlementer, nous avons dû la rechercher au fond de la poubelle dans laquelle nous l’avions jetée. Hallucinant. 

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C’est maintenant un véritable passage de douane avec multi-contrôle. Ticket, facture, sac, bientôt un scanner d’aéroport ?

C’est d’ailleurs une manière pour l’UGC d’appliquer l’une de ses règles qui interdit aux spectateurs d’entrer avec leurs propres boissons. 

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Maintenant, les pauvres agents ne servent plus des clients, ils sont transformés en agents de surveillance pour vérifier que les clients paient bien leur confiserie et ne fraudent pas. Comment transformer un métier de service en tâche rébarbative sans aucun sens.  Et si UGC met en place un libre service, ce n’est pas aux clients de prouver leur bonne foi. Encore une fois, l’ancien parcours fonctionnait très bien. 

Est-ce vraiment le monde que nous voulons ? 

Franchement, est-ce vraiment le monde que nous voulons ? Des machines où vous devez faire tout le boulot et des contrôleurs qui vérifient que vous l’avez bien fait ? On peut rêver mieux en matière d’accueil pour ce qui doit être un loisir ou une sortie culturelle. En plus, j’allais voir un film sur l’esprit de résistance et la phrase du Maréchal Leclerc résonnait encore dans ma tête : « On n’obéit pas à un ordre idiot ».  Qu’allons-nous devenir ?  De simples cartes bancaires sur pâtes, uniquement bon à gaver de nos pauvres économies les groupes financiers ? En tout cas, à l’UGC, on en prend le chemin… que moi j’éviterais de prendre le moins possible. 

Au fait, ça ne vous rappelle rien ? C’est exactement le même système mis en place par Roland Ries et son adjointe Pernelle Richardot en 2018 avec le stationnement à Strasbourg. Avant, vous preniez votre ticket pour le temps du stationnement et vous le posiez sous le phare-brise pour un éventuel contrôle. Maintenant, c’est à vous de faire tout le boulot. Non seulement les bornes sont totalement illisibles si l’ensoleillement est fort, mais en plus, si vous aviez le malheur de vous tromper dans votre numéro d’immatriculation, vous étiez bon pour le FPS (forfait post-stationnement). Heureusement, l’ancienne municipalité a réussi à rompre le contrat pour reprendre la main sur la gestion du stationnement à Strasbourg….

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