[On a testé] La Foglia : on mange, les uns contre les autres.
Ouvert depuis le 11 octobre, le restaurant La Foglia a pris la place de Arnault & Co. Nous avons testé ce nouveau restaurant italien aux portes de la Robertsau.
Ce n’est pas peut dire que nous attentions l’ouverture de La Foglia (Le Foglia c’est le nom d’un fleuve qui prend sa source en Toscane, la Foglia c’est la feuille) avec impatience.
Depuis que nous avions repéré les travaux, fin août 2025, nous savions que le savoir-faire et l’expérience d’un restaurant que nous aimons beaucoup étaient à l’origine du projet : Capricciosa (place du Pont aux Chats), et cela ne pouvaient qu’être annonciateurs de bonnes nouvelles.
De plus l’emplacement est particulièrement plaisant. La terrasse aux belles journées est très agréable : elle n’est pas exposée plein sud et bénéficie de la fraicheur du parc de l’orangerie et le restaurant est très facile d’accès surtout à vélo à la croisée de pistes cyclables. Cela était déjà le cas avec Arnaud & co, nul doute que ce sera le cas avec La Foglia.
Kolé Séré, Kolé Séré…..
Rendez-vous est donc pris avec une réservation en ligne, et comme toujours nous nous comportons comme des clients lamba : nous ne nous annonçons pas et nous payons la note bien évidemment. C’est donc par une très belle journée d’automne que nous allons tester La Foglia.
Première bonne surprise, le restaurant est presque plein. Cela est souvent un gage de qualité : ouvert depuis trois semaines, le bouche-à-oreille est bon. Mauvaise nouvelle, l’aménagement est tout riquiqui, et les cinquante places assises sont aménagées au chausse-pied. Nous avions lu auparavant l’article de Pokaa « Strasbourg : après le succès de Capricciosa, son équipe ouvre « La Foglia » à l’Orangerie » qui vantait « De confortables banquettes, un mobilier de qualité, une ambiance lumineuse tout en douceur et des petits recoins pour voir sans être vu, le vert amande et les nuances de rose forment ici un mariage heureux. ». (SIC) Alors, c’est peut-être vrai quand il n’y a personne, mais franchement nous étions les uns contre les autres et on pouvait participer, sans même tendre l’oreille, aux conversations des nos voisins de table à côté et derrière nous. Pour la discrétion et le confort, on repassera. Kolé Séré, mais pas de manière volontaire.

Côté cuisine : c’est très bon
Ce jour-là, nous étions venus pour les pizzas et nous n’avons pas été déçus. Les pizzas sont excellentes, la pâte légère et croustillante, la garniture généreuse. La cuisson est maitrisée et on se régale. On tentera de gouter les autres plats lors d’un autre passage, mais la carte est alléchante et propose de belles spécialités italiennes pour tous les gouts y compris pour les végétariens.
Mini, mini, tout est mini…
Pour ce repas de midi, nous avons été raisonnables : une grande bouteille d’eau et un petit verre de vin (à consommer avec modération). Bon pas de Lumbrusco au verre (dommage) ce sera donc un verre de blanc qui , comment dire, a été servi au minimum. Notre serveuse (fort charmante au demeurant) prenant même le soin de ne pas dépasser le trait virtuel de la courbure du verre, certainement suite à des consignes.
On a déjà fait des restaurants gastronomiques et même eux étaient plus généreux. Quand à l’origine du vin, on n’en saura pas plus, c’est aujourd’hui encore un mystère, personne ne nous l’a présenté. C’est un peu la même chose avec le café, il ne s’agit pas d’un ristreto, mais bien d’un express…Mini, mini, tout est mini comme le chantait Jacques Dutronc.
Les souvenirs et les regrets aussi
Un restaurant c’est une alchimie, un équilibre entre plusieurs ingrédients. C’est bien sûr une cuisine de qualité qui correspond à vos goûts, mais c’est aussi une ambiance, un service, un confort et une ambiance de qualité. La réflexion que nous nous sommes faite en sortant de La Foglia, c’est que les restaurateurs strasbourgeois peuvent souvent scier la branche sur laquelle ils sont assis. Et La Foglia est un bon exemple.
Il n’y a rien à redire sur la cuisine, mais pour presque 60 € deux pizzas, une bouteille d’eau, un mini-verre de vin (6,5 € !) , deux mini-mini café c’est bien trop cher pour un repas de midi. D’autant que l’ « endroit convivial et chic » promis sur leur site Internet n’est vraiment pas au rendez-vous avec autant de promiscuité : ce n’est pas possible de manger les uns sur les autres, c’est réellement désagréable.
Et pour couronner le tout, l’adresse adopte le double service du vendredi et samedi soir avec départ impératif à 21h0 pour le premier service et donc réservation impossible à 20h00.
Alors, il y aura peut-être des amateurs, mais pas nous, nous ne sommes pas adeptes du style parisien où tout doit être cher et inconfortable. C’est d’ailleurs pour cela que nous n’avons pas pris de dessert et que nous avons écourté notre repas.
On peut comprendre les contraintes des restaurateurs, mais il ne faut pas pousser mémé dans les orties. Et c’est bien dommage, car les pizzas sont succulentes et que les autres plats nous font de l’œil. Il y a bien la livraison, mais cela brise le charme de la soirée au restaurant. Peut-être ce printemps sur la terrasse aux premiers beaux jours.









