Prix du carburant : délaisser sa voiture, enfin ?
A quelque chose, malheur est bon. Et si la flambée des prix des carburants automobiles nous incitait à nous passer de notre voiture ? Petit rappel des nombreuses possibilités à notre portée à la Robertsau.
La période inflationniste que nous traversons actuellement sur les prix des carburants automobiles apporte une démonstration cinglante d’un principe central de l’écologie politique : choisir de consommer plus écologique, c’est gagner de l’argent.
Les exemples sont nombreux (énergies, alimentation, habillement,…), mais on va se concentrer sur le poste Transport, qui fait l’actualité. Selon une étude de Roole Data, le budget mensuel moyen d’une voiture individuelle est de 440 €, soit 5 280 € par an. Le carburant représente un gros cinquième de cette somme (22,9 %), ce qui évidemment rend très sensible l’inflation actuelle. Chérot, quand même, pour se payer un véhicule qui, selon les mêmes études, reste immobile 93 % de son temps.
Comment réduire, voire annuler ce budget, pour faire autre chose de tout cet argent ?
Mais, avant tout, on va tout de suite prendre nos précautions, pour se protéger des cris d’orfraie que les idéologues de l’automobilisme ne vont pas tarder à hurler : parfois, nous n’avons pas le choix de nous passer de voiture. Il y a beaucoup de situations, professionnelles, sanitaires, pratiques, etc, où le seul moyen de transport à disposition est la voiture. Voilà, c’est dit. On se calme et on réfléchit, car il y a aussi énormément de situations où on peut facilement se passer de sa voiture.
Donc, passons en revue les moyens de moins, de ne plus utiliser sa voiture, en vivant à la Robertsau.
Homo Erectus ou la géniale bipédie.
Il y a d’abord la plus vieille alternative, qui est aussi la plus écologique : la marche à pied, magistrale invention de nos ancêtres Homo Erectus, qui nous firent bipèdes, il y a environ 2 millions d’années. Certes, la Robertsau est un quartier étendu et les distances peuvent décourager. Mais, rien de tel qu’une petite promenade dominicale pour aller chercher ses croissants du dimanche matin à pied, plutôt qu’en voiture, non ? A Strasbourg, plus de la moitié des déplacements en voiture font moins de 3 km et pourraient être faits en moins de 30 min à pied.
Et, à y regarder de plus près, on se rend compte que beaucoup de choses sont accessibles à pied, dans notre quartier, en un quart d’heure. Ce faisant, à l’économie budgétaire (ça coûte rien !) et à l’impact écologique nul, on ajoutera le gain de la marche à pied pour sa santé, avéré par maintes études scientifiques et… le Club Vosgien.
Petit hic : à la Robertsau, il y a encore beaucoup de rues sans trottoirs, vestiges des woerths du passé et, surtout, il y a beaucoup (trop) de trottoirs encombrés par les voitures en stationnement, ce qui reste interdit, au regard de l’article R 417-11 du code de la route, sauf autorisation municipale explicite, genre cases de stationnement.
La marche à pied augmentée : le vélo.
Invention plus récente que la bipédie, le vélocipède en est le prolongement mécanique et permet d’aller plus loin et plus vite, mais toujours à la force de ses mollets. Comparé à la marche à pied, sa pratique demande un petit budget (mais il y a de très belles bourses aux vélos d’occasion), un peu d’apprentissage et d’équilibre, encore plus d’attention en circulation, vu qu’un.e cycliste est fréquemment mêlé.e à la circulation automobile : attention, dangers, on n’a jamais vu un vélo renverser une voiture.. Mais globalement, mêmes avantages que la marche à pied : économies, écologie et santé. Rien de tel qu’une petite promenade dominicale pour aller chercher ses croissants du dimanche matin à pied vélo, plutôt qu’en voiture, non ? A Strasbourg, plus de la moitié des déplacements en voiture font moins de 3 km et pourraient être faits en moins de 30 15 min à pied vélo.
A la Robertsau, même si des améliorations restent attendues, notamment rue Boecklin ou sur la route de La Wantzenau entre la piscine et LANA, l’offre de pistes cyclables est déjà bien charpentée. Les axes nord-sud drainent bien le quartier et permettent de rallier le centre-ville de Strasbourg assez rapidement :
- Axe Mélanie (eh oui!) – Lamproie – Beulenwoerth – Goeb ;
- Axe le long du tram E, avec le prolongement vers le centre-ville, via la « piste Dupressoir », qui a enfin sécurisé la circulation des cyclistes Allée de la Robertsau ;
- Axe Fuchs am Buckel – centre du quartier ;
- Axe cité de l’Ill – Sauer – Aubépine – Wacken ou vers la rue de la papeterie ;

Pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas acquérir un vélo, il existe Vel’hop, l’offre de location très souple et variée pour tous publics et toutes situations, aux tarifs très attractifs, avec deux stations en libre-service aux stations tram Boecklin et Parlement européen. Enfin, il existe, depuis deux ans, une offre de vélos-cargos en partage, S’Cargo, dont Appolonia est un des relais, avec une accroche prometteuse : « Transporte n’importe quoi, promène n’importe qui ! »
Enfin, qui dit « Vélo » dit « Entretien », avec deux possibilités de se faire aider à la Robertsau :
- les Cycles Tedone, atelier bien connu et efficace, présent dans notre quartier depuis plus de 30 ans ;
- les réparateurs à domicile du réseau national « Roulez jeunesse« , présent à Strasbourg.
Toutes ces possibilités sont bien sûr décuplées avec l’émergence des vélos, trottinettes ou scooters électriques, qui permettent d’aller plus vite, plus loin, à moindre effort, mais à un prix plus conséquent, à l’achat, au fonctionnement et à l’entretien.
Disposer d’une voiture sans la posséder
On l’a vu, le coût exorbitant d’une voiture finance surtout… son immobilité. On paie cher la propriété d’un bien dont on ne se sert quasiment jamais. Et donc, si on ne payait une voiture que lorsqu’on s’en sert ? C’est l’idée géniale et, à l’époque très innovante, qui, il y a plus de 30 ans, a guidé un groupe de Strasbourgeois.es à imaginer une solution coopérative de partage de véhicules automobiles. Auto’trement était née, qui allait devenir Citiz et s’étendre à l’ensemble de l’Hexagone.

C’est très simple : vous réservez un véhicule, que vous récupérez à l’une des 9 stations réparties dans le quartier, vous l’utilisez et vous payez son usage (location et kilométrage). Juste l’usage de la voiture, rien d’autre : ni stationnement (vous ne tournez plus à chercher à la garer), ni essence, ni entretien, ni assurance, etc. Et, à l’échelle de l’EMS, l’offre Citiz propose une belle variété de motorisations et de véhicules (utilitaires, minibus, véhicules adaptés au transport des personnes à mobilité réduite,…).
A côté de cette offre disponible à côté de chez soi, n’oublions pas nos bons vieux taxis ou chauffeurs particuliers ubérisés, qui vous emmènent où vous voulez à tout moment, sur un simple coup de fil. Très utiles, si vous n’avez pas… le permis de conduire.
Bus, tram, train… pour aller plus loin
Enfin, nous finirons ce survol par l’offre très achalandée de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS), dans le domaine des transports en commun publics. Depuis plus de 40 ans, – et le retour du tram à Strasbourg -, cette offre s’est considérablement renforcée et diversifiée et la Robertsau n’est, de loin, pas en retard, avec :
- la ligne de tram E, qui draine le quartier du nord au sud, même si les Robertsauviens en attendent désespérément le prolongement jusqu’à la clinique Ste Anne ; cette ligne se prolonge ensuite vers le centre-ville par la ligne B à la station Wacken et vers la gare par la ligne de Bus H à la station Parlement européen.
- les lignes de bus structurantes Chron’hop C1 (vers la Sécu, le centre administratif et le NHC, notamment) et C6 (vers la place de la République et Les Halles, notamment);
- les lignes de bus classiques 15, 30, 70 et 72 ;
- la ligne nocturne Hibus N1 ;
- les offres de transport à la demande : Flex’hop, qui permet de quitter la Robertsau vers des communes de seconde couronne (à partir de la station tram L’Escale), et Mobistras, qui est le service de transport adapté aux personnes à mobilité réduite .
Offre diversifiée, mais aussi et surtout tarification solidaire très attractive, du fait de sa graduation suivant les ressources des usager.es. Les tarifs d’abonnement (rappel : à l’ensemble de l’offre CTS) vont de la gratuité pour les moins de 18 ans à plusieurs niveaux de tarifs, à partir de 3,40 € par mois jusqu’à 25,70 € par mois. Suivant son niveau de ressources, un.e retraité.e paie actuellement son abonnement entre 3,40 € et 13,60 € par mois.
Enfin, le Réseau Express Métropolitain (REM) s’est fortement renforcé dans l’Eurométropole de Strasbourg, qui permet de circuler en train à l’intérieur de l’EMS, chacune de ses gares étant désormais desservie. A la Robertsau, on peut accéder au REM depuis la gare de Hoenheim, accessible par le tram B depuis l’arrêt Pont Phario.
Le compte Mobilité pour lâcher sa voiture
Dans le cadre de l’accompagnement social de la Zone à Faible Emission (ZFE), l’Eurométropole de Strasbourg a mis en place le Compte Mobilité, pour ses habitant.es qui choisiraient de se défaire (d’une) de leur voiture (sans Crit’air jusqu’à Crit’air 2), au profit des multiples modes alternatifs rappelés ici. Il s’agit d’une carte prépayée, créditée d’un montant variable selon ses ressources (jusqu’à 2500 €, quand même), qui sert à acheter les prestations des opérateurs de transports doux et actifs partenaires du compte (CTS, Citiz, S’Cargo, SNCF, Vel’hop,…).
Pour obtenir ce compte, valable 3 ans, il faut passer par un rendez-vous auprès de l’agence du climat – le guichet des solutions de Strasbourg, qui validera avec vous l’ensemble de votre démarche de « sortie de la voiture ».
A ce chapitre des aides, rappelons enfin que beaucoup d’employeurs, publics et privés, ont mis en place des aides matérielles et financières pour aider leurs salarié.es à venir travailler autrement qu’en voiture.
On se lance ?
Avant de faire le grand saut, trois conseils :
- choisir de ne plus utiliser systématiquement sa voiture pour ses moindres déplacements, c’est accepter un autre rapport au temps et à la vitesse. Aller chercher ses croissants à pied ou à vélo prend plus de temps que de le faire en voiture. Passer par Citiz requiert d’anticiper son déplacement et de le programmer, parce qu’une voiture Citiz n’est pas forcément disponible au moment voulu. Mais, en ville, la vitesse du déplacement en voiture est un mythe, tant la circulation et ses encombrements sont denses. Ainsi, la vitesse moyenne des déplacements automobiles ne dépasse pas les 30 km/h et il devient nettement plus profitable de choisir des moyens de transport en site propre (piétons sur les trottoirs, cyclistes sur les voies réservées, bus à haut niveau de service, trams…).
- autre évolution mentale à accepter : passer de la mono-modalité du tout voiture à la pluri-modalité, qui consiste à utiliser plusieurs modes sur un même trajet. On remarquera ainsi que les infrastructures de transport sont organisées pour faciliter cette plurimodalité : on monte son vélo dans le tram, on gare sa voiture sur un parking-relais pour prendre un bus, on finit un bout de trajet à pied, etc.

- Enfin, ne pas hésiter un solliciter un conseil et un accompagnement gratuits auprès de l’agence du climat – le guichet des solutions de Strasbourg, qui propose un service très pertinent de conseil en mobilité décarbonée adapté à votre situation et vos besoins.
En délaissant une voiture, nous gagnons un budget annuel moyen de 5 280 € pour nous déplacer. Les possibilités sont très nombreuses et variées, pourquoi s’en priver ? Se libérer de sa voiture, c’est bon pour la planète, sa santé et celle de son porte-monnaie.








