Bienvenue au réseau de chaleur urbain !
Au prix de travaux assez perturbateurs, les gros tuyaux arrivent, qui vont nous apporter une chaleur plus écologique, locale et moins chère. Plutôt que de hurler avec celles et ceux que ces travaux dérangent, nous préférons nous réjouir de cette avancée écologique et sociale importante pour beaucoup de Robertsauvien.nes.
Cet été, on a beaucoup parlé d’ « adaptation » aux effets, désormais tangibles, du changement climatique : comment vivre dans une ville à 40°, voire bien plus encore, selon les scientifiques ? Mais il ne faudrait pas oublier, du coup, la nécessité de ne plus nourrir ces dérèglements climatiques, en diminuant ces fameuses émissions de gaz à effet de serre (GES) qui en sont la cause, dont le tristement célèbre dioxyde de carbone, CO2.
Or, près de 45 % des émissions de GES de l’Eurométropole de Strasbourg sont dues aux modes de chauffage des résidences et des locaux tertiaires. Ces modes sont alimentés à plus de 90 % au gaz et au fuel, énergies fossiles très émettrices de GES.
Priorité absolue, donc : changer nos modes de chauffage, sortir des énergies fossiles pour les décarboner.
Se chauffer plus proprement et moins cher
A Strasbourg, la stratégie de décarbonation des modes de chauffage se base, depuis une dizaine d’années, sur le déploiement de ce qu’on appelle le réseau de chaleur urbain, qui est à la ville ce qu’un chauffage central est à un immeuble de logements :
- des chaudières pour chauffer de l’eau (ici, l’entreprise TREDI, plusieurs chaufferies bois existantes et ce qui sera le premier parc solaire thermique de France)…;
- et des tuyaux qui véhiculent cette eau chaude, en circuit fermé, d’un logement à l’autre (ici, d’un immeuble à l’autre).
Surtout, à l’arrivée, une chaleur produite et maîtrisée localement, écologique car décarbonée, moins chère et à prix stable dans le temps. Bref, tout bénef pour les usagers, surtout si, en parallèle à l’arrivée de cette chaleur vertueuse, ils peuvent effectuer des travaux d’isolation thermique de leurs logements : alors, la facture énergétique sombre.
La précédente Municipalité écologiste a fortement accéléré le déploiement de ce réseau de chaleur, d’abord en décidant des extensions des réseaux historiques de Hautepierre, de l’Esau et de l’Esplanade sur la quasi-totalité de Strasbourg, ce qui a permis de doubler le kilométrage du réseau et tripler le nombre de bénéficiaires.
Puis, en décidant la création du réseau de chaleur « Communes Nord », qui desservira, à terme, les immeubles collectifs de la Robertsau et de la conurbation Schiltigheim – Bischheim – Hoenheim, sans oublier Souffelweyersheim et Mundolsheim, tout eu nord.

Les travaux, c’est l’avenir !
Dans notre quartier, les travaux d’enfouissement des tuyaux principaux ont débuté en juillet et dureront jusqu’à la mi – 2027. Ils seront suivis par des travaux plus localisés, dans des rues secondaires, pour y raccorder les immeubles collectifs intéressés par cette nouvelle chaleur, au gré des demandes de raccordement reçues par la Société EDEN, choisie par l’EMS pour créer et exploiter ce réseau pendant 24 ans.
De fait, notre réseau de chaleur ne connaitra sans doute pas son déploiement définitif avant 2032.

C’est dire si les zones de travaux vont rester nombreuses, dans notre quartier, dans les prochaines années, autant être prévenus. Et elles vont affecter les conditions de circulation dans les rues concernées, à n’en pas douter.
Au Blog, nous resterons vigilants sur les déviations mises en place, notamment pour les piétons et les cyclistes (évitons les « mettez pied à terre » qu’on ne demande qu’aux cyclistes, jamais aux automobilistes…).
Les solutions mises en place sur les premiers chantiers ne sont pas top, si on en croit les remontées d’usagers exacerbés. Notre nouvel adjoint de quartier peut/doit sans doute mieux faire, lui qui, alors dans l’opposition, ne manquait aucune occasion de fustiger la précédente Municipalité pour les nombreux travaux qu’elle avait initiés en ville.

Ces travaux ne sont pas seulement nécessaires, ils sont vitaux pour notre avenir commun. Ils témoignent d’une écologie qui, loin d’être « punitive », est multi-vertueuse : pour le climat, pour notre santé (moins de CO2 rejeté dans l’air que nous respirons), pour notre porte-feuille (un chauffage moins cher, c’est du pouvoir d’achat en plus).
Cela devrait nous amener à supporter quelques petits détours sur nos trajets quotidiens ou à essayer de nous passer de notre voiture sur certains trajets, en nous rappelant aussi qu’à côté de nos modes de chauffage, un gros tiers de nos émissions de GES est dû au… transport automobile.






