Moustiques, nos meilleurs ennemis
C’est dur à admettre, mais c’est comme çà : les moustiques habitent à la Robertsau depuis la nuit des temps. Et ne sont pas près d’en disparaître, hélas. Donc, autant s’en accommoder et se protéger au mieux de leurs piqures. Revue des moyens à notre disposition.
À quelque chose, au moins, la canicule est bonne : elle entrave la prolifération des moustiques, en asséchant les sols. En effet, les moustiques pullulent dans les zones humides et notre vallée du Rhin est mondialement réputée pour ça. Notre mémoire peut tenter de remonter aussi loin que possible dans le temps, vers les Triboques et les Romains, premiers occupants connus de nos contrées, il y a toujours eu des moustiques. Quand notre fleuve sinuait en de multiples bras et méandres, connectés à une nappe phréatique affleurante, le tout irriguant une forêt aux allures tropicales.
La lutte contre les moustiques et leurs fièvres, dont la terrible malaria, n’était pas le moindre motif pour rectifier ce fleuve impétueux, en même temps que la nécessité de l’asservir aux désirs expansionnistes des activités humaines de l’ère moderne : villes, usines et bateaux. La forêt rhénane s’est réduite à peau de chagrin, dont Strasbourg compte encore de beaux lambeaux, tous désormais protégés, dont notre forêt de la Robertsau.
Mais l’humidité naturelle demeure et il suffit d’un printemps bien pluvieux, suivi de quelques beaux jours, pour qu’il faille ressortir l’attirail des moyens de lutte antimoustiques, qu’ils soient préventifs ou curatifs.

La chasse aux (petites) eaux stagnantes
Contrairement à une idée reçue, ce ne sont que les petites eaux stagnantes qui favorisent les larves de moustiques. Dans les plus grandes, telles que le canal des Français restauré entre Bussière et le Hellwasser, les prédateurs en font ripaille, par exemple les crapauds qu’on entend coasser au crépuscule.
Non, ce qui est en cause ici, ce sont les eaux croupissant dans les gouttières mal curées, les coupelles de jardin, les vieux pneus, les collecteurs d’eaux pluviales à l’air libre, les ornières…, bref, tout ce qui ne se vide pas ou n’est pas vidé et qui, en quelques jours, se transforme en pouponnière à moustiques à haut rendement. Donc, sus à ces eaux abandonnées !

Bonjour, les prédateurs, surtout les moches !
Comme dans tous les écosystèmes, les moustiques sont des proies, parties intégrantes de la chaine alimentaire de plusieurs espèces, plus ou moins sympathiques, mais très efficaces.
Dixit la Ligue pour la Protection des Oiseaux :
» Les moustiques jouent un rôle important de proies pour la petite faune sauvage, aussi bien à l’état larvaire qu’à l’état adulte. La larve de moustique est la proie d’insectes aquatiques plus gros comme les larves de libellules ou de dytiques, de la nèpe cendrée et de la ranatre linéaire (deux punaises aquatiques), mais aussi des alevins, des têtards, des poissons…Les prédateurs du moustique adulte sont les araignées, les amphibiens, les reptiles (lézards), les chauves-souris, les oiseaux (en particulier les hirondelles), d’autres insectes… Une pipistrelle de 5 grammes peut ainsi capturer l’équivalent en poids de 3 000 moustiques en une seule nuit ! «

Pour lutter contre les moustiques, il faut donc faciliter la vie de leurs prédateurs naturels, quitte à changer le regard de frayeur qu’on porte sur certains. Parmi de nombreuses associations naturalistes qui peuvent nous y aider par leurs conseils, la LPO sera ici mise en exergue, d’ailleurs investie dans le CINE de Bussierre.
C’est un choix qu’à fait le restaurant Chez Nous en installant sur son bâtiment des nichoirs à chauves souris, ce qui permet à ses clients de profiter d’un succulent repas sur sa belle terrasse au bord de l’Ill, sans être importunés par des nuées de moustiques.

Si vous disposez de suffisamment de place dans votre jardin, vous pouvez aussi envisager d’y creuser une petite mare, pour y attirer les prédateurs friands de larves de moustiques ou de moustiques adultes. Co-bénéfice : cette mare sera d’un grand secours à bien des espèces souffrant de canicule, dont les oiseaux. Pour cela aussi, les associations naturalistes locales vous seront de très bon conseil.
Plantes anti-moustiques et autres remparts
Ce n’est pas Hansi qui a inventé les géraniums à nos fenêtres, même s’il a fortement contribué à les folkloriser. C’est que nos aïeux avaient repéré leur vertu répulsive, à l’instar de plusieurs autres plantes malaimées des moustiques : citronnelle, lavande, romarin, verveine, etc. A cultiver dans les jardins, sur les rebords de fenêtre et les balcons et, pour certaines, dans nos intérieurs !

La bonne vieille moustiquaire pour protéger nos nuits, des vêtements couvrants (surtout au crépuscule, quand c’est la fête aux moustiques), les huiles essentielles de plantes citronnées ou quelques sprays répulsifs, évidemment bio…, restent des moyens efficaces de se protéger.
Vous l’aurez compris, au Blog, on se méfie des solutions plus technologiques, dont l’efficacité ne peut être avérée qu’au prix de lourds effets rebonds. On évitera donc tout insecticide, qui ne tuerait pas que les moustiques. On ne tombera pas dans le piège des… pièges électriques, qui, eux aussi, ne tuent pas que les moustiques et sont énergivores. Les fumeroles et autres tortillons verts ne seront choisis que strictement bio pour ne pas nous faire respirer leurs vapeurs toxiques. Enfin, on exprimera les plus vives inquiétudes sur les manipulations génétiques pour neutraliser les femelles moustiques, telles qu’expérimentées en Amérique du Sud et dans certaines villes Françaises par ceux qu’on ne peut s’empêcher de qualifier d’apprentis sorciers.
Une fois piqué, que faire.
Si, malgré cela, on a la malchance de subir les assauts et les piqûres de ces méchantes petites bestioles, ne pas se gratter pour ne pas ajouter l’infection à la démangeaison, mais appliquer un gel antalgique, de préférence bio. Au pire, prendre conseil chez son pharmacien préféré. (voir notre page Pharmacie)
Focus sur le moustique tigre.
C’est bien beau, tout ça, mais quid du moustique tigre ?
C’est bien évidemment une autre paire de manches, le moustique tigre. D’une part, parce que c’est un danger pour notre santé, puisque cette espèce de moustique est potentiellement porteuse de maladies virales, dites arboviroses, telles que la dengue, le chikungunya ou le zika, que nous croyions, jusqu’à présent, confinées aux pays tropicaux de notre planète. D’autre part, parce qu’il s’agit d’une de ces très nombreuses espèces dites invasives, végétales et animales, qui arrivent chez nous, favorisées par la mutation climatique planétaire et aidées par la globalisation et l’accélération des échanges mondiaux de personnes et de biens.

Tout ça pour dire que la présence de cette espèce sous nos latitudes va se confirmer et durer, malheureusement, et que son éradication parait aussi coûteuse et vaine que celle de quasiment toutes les espèces invasives équivalentes. Il va falloir apprendre à vivre avec, hélas.
Toutes les communes de l’Eurométropole de Strasbourg sont désormais touchées, ce qui a conduit l’EMS à définir, avec l’Agence Régionale de Santé, une politique globale de lutte contre les moustiques tigres, allant de la cartographie des présences signalées à l’expérimentation d’interventions biocides autour des lieux où des cas d’infestation sont signalées.
En particulier, une vigilance forte est déployée autour des cas de malades souffrant d’arboviroses, fort heureusement encore très majoritairement importés par des voyageurs ayant séjourné dans les pays tropicaux, même si de premiers cas « autochtones » ont été enregistrés et traités.
A titre préventif, les solutions de lutte contre la prolifération des moustiques tigres sont les mêmes que celles préconisées pour les moustiques communs. On peut aller plus loin en devenant « ambassadeur moustique tigre », dont le rôle est « de transmettre à son entourage les bonnes pratiques à acquérir et de montrer les gestes simples à réaliser pour éviter la prolifération du moustique tigre« .
Toutes les informations ICI.




