Le COQ de la Robertsau déchante

Le COQ de la Robertsau déchante

Le conseil de quartier de la Robertsau, souvent appelé COQ, traverse (encore) une crise sévère. Près d’un tiers de ses membres ne participent plus aux réunions… Les autres se posent des questions. Lors de la séance plénière du conseil de quartier de la Robertsau du 1er décembre dernier, ses membres n’ont pu que constater la…

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Le conseil de quartier de la Robertsau, souvent appelé COQ, traverse (encore) une crise sévère. Près d’un tiers de ses membres ne participent plus aux réunions… Les autres se posent des questions.

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Un objectif ambitieux, mais qui ne rencontre pas le succès à la Robertsau.

Lors de la séance plénière du conseil de quartier de la Robertsau du 1er décembre dernier, ses membres n’ont pu que constater la défaillance de 12 d’entre eux sur 29.

Une situation qui a tendance à se répéter, cela malgré différentes réformes des conseil de quartier. D’ailleurs la situation ne semble pas homogène à Strasbourg, dans certains quartier (comme à Hautepierre ou à Koenighoffen) cette institution de démocratie locale semble fonctionner.

En fait, il s’agit surtout de la volonté des élus de terrain de travailler ou non avec avec les habitants. À la Robertsau cela semble poser problème. Par exemple, le conseil de quartier a dû insiter pour entrer dans le petit comité qui parle du Foyer St Louis. Cela ne s’est pas fait naturellement.

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Le Conseil de Quartier de Hautepierre (Photo JT/ rue89 Strasbourg)

Un os à ronger…

Un article de Rue89 Strasbourg à l’occasion de la création des nouveaux conseils citoyens dans les Quartiers Prioritaires (QPV) dont la Cité de l’Ill, revient sur l’expérience des conseils de quartier et cite le témoignage de Jacques Gratecos, président de l’ADIR (Association de Défence des Intérêts de la Robertsau) où il explique son désenchantement :

« Cela fait deux ans que j’ai intégré le conseil de quartier et j’ai arrêté d’aller à toutes les réunions en voyant le fonctionnement. Deux pôles de réflexion nous ont été imposés, comme si nous n’étions pas capables de dire nous-mêmes ce que nous souhaitions faire. Le problème, c’est que les élus pensent avoir plus de légitimité que les habitants, or ce sont eux qui connaissent mieux les usages de leur quartier. »

Jacques Gratecos en est venu à se questionner sur la viabilité d’une démocratie participative, s’appuyant sur des exemples passés. Les membres du précédent conseil de quartier avaient établi un cahier des attentes concernant la création d’un agro-quartier à la Roberstau. Il précise :

« Ce qu’il en est advenu ? Mystère et boule de gomme ! On nous dit que c’est sur les rails mais on attend toujours. On nous donne un os à ronger en fait. Je ne pense pas que l’on ait trouvé la recette pour faire fonctionner la démocratie participative, que ce soit ici ou ailleurs d’ailleurs. Ce n’est souvent qu’un sentiment de démocratie mais il faudrait que les élus s’appuient sur ce que disent les habitants. »

Une recette complexe

Pour donner la parole à d’autres personnes, pour faire entendre d’autres voix, la recette de la composition des conseils de quartier façon Strasbourg est complexe : un peu de représentants d’associations, des candidats volontaires et des personnes tirées au sort sur les listes électorales.

Une composition qui peut sur le papier garantir à d’autres voix de s’exprimer, mais qui ne peut fonctionner que si les élus “partagent” un peu de leur pouvoir, on pourrait même dire dans ce cas de leur fierté. Et surtout si l’on prévient les “chanceux” de la somme importante de travail qui les attend.

Lors d’une présentation des résultats d’une commission de travail sur les déplacements, les membres du Conseil de Quartier se sont heurtés au mur des décisions déjà prises sur le futur tracé du tram, et si marge de manœuvre il y a, c’est uniquement sur les petits détails. Tout cela ne peut que concourir au désenchantement.

Pour palier aux membres défaillants, la ville a finalement fait appel aux personnes qui se sont portées volontaires dans certaines commissions de travail. Un courriel est parti en ce sens avant Noël auprès d’une dizaine de personnes :

Madame, Monsieur,

Après un an de fonctionnement des conseils de quartier, l’effectif de ces instances a évolué pour diverses raisons en fonction de situations personnelles ou conjoncturelles.

De fait, un renouvellement des membres permanents est organisé une fois l’an. Vous avez montré un intérêt pour cette instance afin de participer à l’amélioration de la vie de votre quartier.

Nous vous proposons de devenir membre permanent du conseil de quartier.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la page internet : http://www.strasbourg.eu/vie-quotidienne/democratie-locale-participation-citoyenne/s-sengager-quartier-ville/conseils-quartiers

Pas sûr que cela redynamise une institution qui peine à asseoir sa légitimité, qui n’a pas de visibilité publique et dont le travail (important, il faut le souligner) n’est pas pris au sérieux par les responsables politiques du quartier.

Pourtant la Robertsau a des associations particulièrement dynamiques : l’ADIR et l’ASSER bien-sûr, mais également le Carsan et bien d’autres. Et si finalement le vrai conseil de quartier de la Robertsau c’était tout simplement un VRAI dialogue entre les associations et les élus. Inutile de réinventer la roue, il suffirait d’écouter, de reconnaître les associations pour mener une “conversation, discussion, négociation avec la volonté commune d’aboutir à une solution acceptable par les deux parties en présence.” (Définition du mot dialogue.)

Mais veut-t-on vraiment aboutir à ce dialogue ou simplement donner un os à ronger pour sur-occuper des citoyens tandis que les vraies décisions se prennent ailleurs ?

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Sur Rue89 Strasbourg : 

Sur le Blog de la Robertsau :

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