Menaces sur Archipel 2 ?

Menaces sur Archipel 2 ?

Ce ne sont, pour l’instant, que des rumeurs. Mais, quand elles convergent de plusieurs sources, ça commence à inquiéter. La nouvelle Municipalité envisagerait de s’attaquer aussi à Archipel 2.

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Au fur et à mesure qu’elle prend ses marques, on distingue de mieux en mieux, au sein de la nouvelle Municipalité, la distribution des rôles. Ainsi, du nouvel adjoint à l’urbanisme Paul Meyer, on est de plus en plus tenté de penser qu’il s’est auto-proclamé Exterminator en chef, se donnant pour mission de dézinguer et rectifier la plupart des projets initiés et conduits par sa prédécesseure Suzanne Brolly.

Ainsi d’Archipel 2, pourtant exemplaire en maints aspects, nous disent plusieurs sources diverses et concordantes. Quatre premiers lots avaient été attribués en 2019 et leur construction est en phase d’achèvement aujourd’hui. Restaient quatre derniers lots à attribuer, ce à quoi la Municipalité écologiste s’était attelée avec ses nouvelles priorités. Moins de béton, plus de verdure (un espace vert doublé). Moins de bureaux, plus de logements, notamment sociaux, absents dans Archipel 1. Pas un « quartier d’affaires » du XX° siècle, mais un quartier pour le Strasbourg du XXI°, dont les vocations répondent aux défis du siècle : Europe, écologie et climat, lien social et égalité femmes-hommes.

Archipel sera beaucoup plus vert qu’Archipel 1. Les plantations prennent racines, configurant peu à peu le parc de 4,5 ha à venir. Au fond, les travaux de gros oeuvre des dernièrs bâtiments ont commencé.

Surtout, – et c’est sans doute ce qui énerve le plus Paul Meyer, qui semble détester les démarches innovantes, surtout lorsqu’elles laissent la main à des citoyen.nes -, cette dernière tranche d’ Archipel 2 a été échafaudée selon une méthode de travail inédite, une nouvelle façon de faire surgir un quartier de la ville : associer en amont les promoteurs à celles et ceux qui occuperont les futurs bâtiments.

Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avait d’abord permis de sélectionner les associations et institutions qui seraient hébergées dans les nouveaux bâtiments, en plus des logements. Condition de base : être actives dans au moins une des thématiques-phares du futur quartier (Europe, écologie et climat, lien social et égalité femmes – hommes). Une petite trentaine de candidatures avaient été retenues, dont plusieurs associations de promotion de l’Europe, l’agence du climat et la fondation des femmes.. Seconde étape : le choix des quatre promoteurs, qui seraient chargés de bâtir les quatre lots restants, selon des critères de durabilité eux aussi élevés. Enfin, dernière étape, la mise en relation des lauréats de l’AMI et des promoteurs et leur travail en partenariat pour finaliser les projets architecturaux. 

C’est pour éviter d’avoir des locaux vides, durant des mois, dans des bâtimentsts neufs que la précédente Municipalité avait changé de méthode : commencer par trouver les futurs occupants des locaux d’activités.

Bref, une façon de concevoir l’urbanisme strasbourgeois comme un enjeu démocratique, en y donnant une plus grande place aux citoyen.nes et à leurs groupements, mis en dialogue avec les promoteurs. Tout le monde y a trouvé son compte, y compris les promoteurs concernés qui en redemandaient, et la démarche avait été remarquée par les réseaux européens d’urbanistes et d’architectes.

A la fin du mandat de l’équipe Barseghian, les équilibres étaient trouvés, les accords fonciers signés entre l’EMS et les promoteurs et les procédures de permis de construire engagées. C’était sans compter avec Paul Meyer, qui proposerait actuellement à la présidente de l’EMS de revenir sur un certain nombre de ces engagements. Nos interlocuteurs sont prudents, mais cela concernerait les associations européennes, l’agence du climat (qui serait invitée à chercher d’autres locaux), la Maison de l’habitat, – guichet unique pour toutes les question liées à l’habitat et au logement -, que les écologistes voulaient créer et qui serait abandonné,…

Le bâtiment qui doit accueillir la Maison de l’habitat et l’Agence du climat, menacées. (© atelier Philippe Madec)

Les rumeurs restent des rumeurs et il faut attendre les décisions, qui ne tarderont pas à tomber enfin. Si elles devaient être avérées, ces tergiversations auraient évidemment des conséquences sur les programmes architecturaux et les plannings de réalisation des chantiers. En espérant qu’elles ne coûteraient rien à la collectivité…

 

 

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