PNU : Première sortie ­découverte côté Conseil des XV

PNU : Première sortie ­découverte côté Conseil des XV

Ce samedi a eu lieu la première sortie-­découverte du territoire concerné par la future extension du parc naturel urbain de Strasbourg. Elle concernait le quartier du Conseil des Quinze, qu’une soixantaine de personnes ont arpenté, sous la conduite avisée de Jean-­Luc Dejeant, président de l’ADIQ. Cette sortie à visée patrimoniale a déjà permis de discerner…

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Bassin des Remparts - balade découverte du PNU Robertsau - Conseil des XV (Photo MM)
Bassin des Remparts – balade découverte du PNU Robertsau – Conseil des XV (Photo MM)

Ce samedi a eu lieu la première sortie-­découverte du territoire concerné par la future extension du parc naturel urbain de Strasbourg. Elle concernait le quartier du Conseil des Quinze, qu’une soixantaine de personnes ont arpenté, sous la conduite avisée de Jean-­Luc Dejeant, président de l’ADIQ.

Cette sortie à visée patrimoniale a déjà permis de discerner une des questions majeures que devront se poser les initiateurs de ce futur PNU « Quartier des Quinze – Robertsau » : le « vivre­ ensemble ».

Le soleil était au rendez ­vous, qui a fait de cette sortie une agréable promenade à travers un quartier non moins agréable et un moment de culture populaire très intéressant.

« Il s’agit de faire en sorte que les habitants se réapproprient leur quartier et on le fait mieux lorsque ce sont des habitants eux-mêmes qui le font découvrir aux autres, a précisé Béatrice Pipart, cheffe du projet PNU à la Ville. C’est un principe de partage horizontal des connaissances, de culture populaire, qui a montré tout son intérêt à la Montagne Verte. »

Et la soixantaine de participants, plutôt grisonnants, d’emprunter un petit circuit bien calibré, entre canal de la Marne­-au­-Rhin et cité Rotterdam, quais et Bon Pasteur, « cité jardin » devenue quartier cossu et future église orthodoxe.

Ce circuit a permis de comprendre les grandes étapes de création du quartier : la mutation du port et la disparition des dizaines de bateaux ­logements qui le bordaient ; la fin de la Citadelle qui a permis de percer le passage routier le long des quais « emprunté en nombre par nos amis de la Robertsau » ; l’aménagement des mêmes quais, « où il a fallu dissuader quelques usages illicites, précisera le responsable des espaces verts de la Ville ; la construction de la cité Rotterdam gagnée sur les jardins familiaux ; la création de la cité jardin du quartier des Quinze, destinée au départ à des familles d’employés, pour finir par le Bon Pasteur, son étang artificiel et ses derniers immeubles vers le canal.

« La future église orthodoxe contribuera à l’attractivité du quartier, par son importance et son cachet particuliers, a par ailleurs noté le président de l’ADIQ. Nous n’avons rien contre ce projet, nous nous étions plutôt opposés aux constructions à côté. »

Géraldine Cognée, habitante de la cité Rotterdam, dira tout le bonheur qu’il y a à vivre là, malgré les tracasseries de « notre bailleur » (CUS Habitat) et les craintes que font peser les « nouveaux arrivants, qui ne sont pas aussi propres », n’hésitera­-t­-elle pas à risquer.

Visite de l'Epide, établissement pour jeunes en difficulté hébergé dans le quartier Lecourbe (Photo MM)
Visite de l’Epide, établissement pour jeunes en difficulté hébergé dans le quartier Lecourbe (Photo MM)

Quant aux jeunes accueillis à l’Epide, venus des quartiers « sensibles » de Strasbourg, d’Alsace et des Vosges, pour y saisir une « deuxième chance » d’insertion professionnelle dans l’ancienne caserne Lecourbe, « ils ont fait peur au début, mais au final ça se passe très bien », a concédé encore Jean­-Luc Dejeant.

Visite passionnante donc, mais d’où on sort avec une question, déjà présente, quoiqu’encore lancinante : qui a le droit de vivre là, outre ceux qui y vivent déjà ? Si les jeunes de l’Epide se sont finalement intégrés, participant aux fêtes du quartier par exemple, les gens du voyage ont quant à eux été délogés et des troncs d’arbres couchés le long des espaces enherbés pour éviter qu’ils ne puissent revenir se garer sur le quai.

La notion de patrimoine, sur laquelle se fonde l’idée du futur PNU, est pour beaucoup une notion défensive, lorsqu’elle sert à refuser toute évolution (nouvelles constructions, nouveaux habitants). Pour d’autres, elle est un vecteur de modernité, lorsqu’elle sert à s’ouvrir aux autres et à leurs apports riches à la construction d’un patrimoine commun.

Comme la Robertsau, le quartier des Quinze s’est construit par des apports successifs et variés, qui en font la richesse. Mais, comme à la Robertsau, la défense du patrimoine s’y confond souvent avec la volonté de préserver un « entre soi » bien confortable. Patrimoine, repli ou ouverture ? Les prochaines rencontres autour du futur PNU permettront, à n’en pas douter, d’avancer dans ce débat, crucial dans nos quartiers. À ne pas manquer.

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