La Robertsau : Les odonymes de A à D

La Robertsau : Les odonymes de A à D

Lors d’un précédent article, nous nous sommes intéressés aux noms figurant sur les plaques des principales voies qui constituent notre quartier. Nous vous avions promis de développer plus encore le sujet. Alors en route pour une visite des odonymes de A à D de la Robertsau ?

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En route…

… Pour faire un petit tour des odonymes de la Robertsau. Nous ne pouvons cependant omettre de mentionner l’artère importante et du même nom qui y mène, l’Allée de la Robertsau, appellation qu’elle porte depuis 1870, alors que (source Robert Pfister) elle figurait sur un plan de 1835 sous le nom d’ “allée des Pêcheurs “.

Pour la rédaction de cet article, nos sources sont variées, l’excellent ouvrage de Robert Pfister “Un village dans l’histoire de l’Alsace” qui consacre un chapitre entier au sujet, le site Archi-Wiki non moins excellent site collaboratif et associatif principalement soutenu financièrement par la ville de Strasbourg et ses membres et donateurs dont la vocation est de recenser les bâtiments et lieux d’une ville, en retraçant leur histoire. Commençons notre visite des lieux, certains chargés d’histoire, par ordre alphabétique…

La visite sera relativement complète et riche, mais non exhaustive. Alors, suivez nous dans notre voyage !

Aujourd’hui visite des odonymes de A à D

A

Abbe Mühe (Rue de l’)

Abbé Ferdinand Mühe, chanoine honoraire de la cathédrale de Strasbourg (1788-1865), prêtre, inhumé devant la chapelle de la Croix. (Section 7 cimetière St Urbain)

Ablette (Rue de l’)

Quartier sur le thème des “poissons”. “Lüchegass” en alsacien. (** Un prochain article développera ce thème)

Adler (Rue)

Ancienne famille de la Robertsau, dont des représentants sont toujours présents. Cette rue était autrefois sans issue, avant la construction de l’école du parc et sa mise en liaison avec la rue du même nom.

Afrique (Rue de l’)

Dénommée par les anciens “s’Klein Afrik”. Dans les année 1800 Niedersand (terre basse sablonneuse) et Niedersandpfad (chemin du Niedersand). Elle a été bordée de maisons à partir de la fin du XIXe siècle.

Alexandrine de Fürstenberg (Rue)

Née en 1504, décédée en 1581, à l’âge de 77 ans, mariée le 10 juillet 1522 avec Ulrich VI de Rappolstein ou Ribeaupierre (1495-1531)

Alfred Thimmesch (Rue)

Né en 1901 à Metz, Alfred Thimmesch est entré dans la police en 1923 à Strasbourg. Au début de la guerre, comme d’autres alsaciens-lorrains qui refusent le risque de se retrouver nazifiés, il préfère quitter sa région natale. Il entre dans l’armée secrète puis devient responsable du groupe “Police” au sein du mouvement de résistance NAP et établit de fausses cartes d’identité et de faux certificats de résidence à des juifs victimes des persécutions raciales, de 1942 à février 1944. Dénoncé par l’un de ses propres collègues, en février 1944, il est arrêté par les allemands et sera déporté à Mauthausen où il décède en juillet 1944. (Source)

Amboise (Rue d’)

Quartier sur le thème des “Châteaux de la Renaissance”. Palais grandiose des rois Charles VIII et François Ier à la Renaissance, lieu de sépulture de Léonard de Vinci. Ces noms (Amboise, Blois, Chambord, Ussé…) n’ont sans doute pas été choisis au hasard et pourraient pointer le privilège d’une telle situation ?

Amelie de Berckheim (Rue)

Amélie Louise de Berckheim naît à Ribeauvillé le 15 juillet 1776, , elle épouse Jean-Albert-Frédéric de Dietrich le 27 mai 1797. Jeune fille accomplie et talentueuse, elle découvre les réalités des affaires de la Maison de Dietrich par son mari qui l’y associe. Mère de quatre enfants en bas âge, elle s’impose comme la dame de fer de la Maison de Dietrich, alors que celle-ci est déficitaire. Elle est amie avec Marie d’Oberkirch (autre rue de la Robertsau). Elle meurt à Strasbourg le 24 décembre 1855. Amélie est aujourd’hui reconnue comme une des premières femmes d’affaires du monde industriel. (Source)

Ammeistre (Rue de l’)

“Ammeister” ou “Amtmeister” désigne le chef des échevins des corporations, qui deviendra (du XIVème siècle à la Révolution) le représentant de la République de Strasbourg et chef de son exécutif. (A savoir : L’Allée René Cassin qui longe le relais Tram portait auparavant (1988) le nom de Louis Zaepfel (Zaepffel) (1745-1822), qui habitait la Robertsau et fut le 186e et dernier ammeistre de Strasbourg)

Angle (Rue de l’)

Dénomination dérivée d’un lieu-dit, cette rue en forme plusieurs en traversant de nombreuses rues, dont la rue de la Renaissance.

Arthur Beyler (Rue)

Arthur Beyler (1881-1966), enseignant à Strasbourg, vivait à la Robertsau. Animé d’un grand amour de l’Alsace, des Vosges, de l’histoire, il publia de nombreuses études, des esquisses, des descriptions de la nature, des légendes et contes, s’adonna à des études folkloriques. Artiste, il illustra lui-même des publications. (Source)

Aubépine (Rue de l’) / Aubépine (Sentier de l’)

Quartier sur le thème des “fleurs”. (** Un prochain article vous expliquera le choix de ce thème)

Auguste Himly (Rue)

Louis Auguste Himly (1834-1906), professeur d’histoire et de géographie.

Auguste Kern (Rue)

Abbé Auguste Kern, curé de la Robertsau dans la première moitié du XIXème siècle

B

Baillis (Rue des)

Les baillis (du latin bajulus : gouverneur) étaient les préfets délégués par la ville libre de Strasbourg pour administrer en son nom ses possessions intra-muros. Lors du rattachement à Strasbourg de la Robertsau, celle-ci ne devint pas un baillage (circonscription fiscale où s’exerçait le pouvoir d’un bailli), mais son administration par un conseil élu était supervisée par trois gouverneurs (Landherrn ou Landpfleger) issus du Magistrat perpétuel de la ville. 

Baronne d’Oberkirch (Rue de la)

Marie Philippine Frédérique Dorothée d’Oberkirch  née en 1777, descend de deux des plus anciennes familles nobles d’Alsace. En 1788, Marie passe l’hiver à Strasbourg où elle devient l’amie des quatre sœurs de Berckheim, dont Amélie (voir plus haut). Elle se marie en 1798 avec Louis Simon Bernard, comte de Montbrison, par la suite recteur de l’Université de Strasbourg. En 1793, alors que ses parents sont dénoncés et arrêtés en raison de la “loi des suspects” (Le 17 septembre 1793, à la veille d’instaurer la Grande Terreur, la Convention vote la loi des suspects. Elle permet l’arrestation de ceux qui “n’ayant rien fait contre la Liberté, n’ont rien fait pour elle”) , Marie demande d’être emprisonnée avec sa mère qu’elle soutient moralement. Marie meurt en 1828. (Source)

Betschdorf (Rue de)

Betschdorf est une commune française située dans le nord du département du Bas-Rhin, dans la région historique et culturelle d’Alsace. Elle est réputée pour son artisanat de poterie.

Beulenwoerth (Chemin du)

Son nom vient d’une des nombreuses îles -Les Woerth- plantées de peupliers (“Beulen” variante en allemand dans un langage populaire)

Belzwoerth (Chemin du Grand)

Son nom vient d’une des nombreuses îles -Les Woerth-

Blois (Rue de)

Quartier sur le thème des “Châteaux de la Renaissance”. (** Un prochain article développera ce thème)

Boecklin (Rue)

Cette rue est dédiée à la famille noble des “Bock” (**famille qui a donné son nom à la Robertsau par un de ses membres dénommé Rupert qui y a construit un château à la fin du XIIème siècle). Elle ne concernait initialement que la partie située entre l’Eglise protestante et la Route de la Wantzenau. Tout le reste de l’actuelle rue Boecklin était dénommée “Hauptstross”-“Rue Principale”. C’est pendant l’occupation de 1942 que cette dénomination pris celle de Rue Boecklin dans sa totalité. (** Nous le verrons dans un article spécifique prochain)

Boegner (Rue)

Famille de théologiens protestants, pasteurs et hauts fonctionnaires, dont Marc Boegner (1881-1970) Pasteur de l’Eglise réformée Saint-Paul de Strasbourg, devenu par la suite chef de l’église réformée de France et membre de l’Académie Française.

Bosse (Rue de la)

Décrit certainement une de ses caractéristiques ?

Brême (Rue de la)

Quartier sur le thème des “poissons”.  (** Un prochain article développera ce thème)

Bussière (Rue de)

Famille Renouard De Bussière, dont le premier représentant Athanase-Paul, était devenu propriétaire du Château de la Robertsau plus connu aujourd’hui sous le nom du Château de Pourtalès. 

C

Capitaine Fiegenschuh (Rue du)

Jean-Joseph Fiegenschuh, né le 29 septembre 1869 dans la petite maison formant un angle entre la rue Jeanne d’Arc et la rue portant son nom. Sa carrière militaire fut interrompue par sa mort dans une embuscade le 4 janvier 1910 à Abir-Taouil en ex Afrique Equatoriale française actuellement le Tchad. Il a cependant acquis une grande réputation dans le milieu des colonisations des territoires africains.

Carpe Haute (Rue de la)

L’origine  est confuse et plusieurs hypothèses sont émises. Carpe Haute est une traduction doublée de déformation phonétique “Karpfenwoog” ,”Karpfenwaag” ou “Karpfenhot” désignant des flots peuplés de carpes. Carpe-Haute serait une déformation de “Escarpe Haute” désignant un ouvrage fortifié situé  à proximité de la rue. Carpe-Haute serait une déformation francisée de “Karpenheut” du nom d’un propriétaire du lieu-dit.

Catherine de Bourgogne (Rue)

Duchesse d’Autriche, régente du landgraviat de Haute-Alsace (1379-1426). Fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, (fils de Jean le Bon, roi de France, et de Marguerite de Flandre). Scellé par le mariage de Catherine et du duc Léopold IV, le rapprochement de la maison d’Autriche et des Valois marqua le début d’une poussée bourguignonne dans la vallée du Rhin. (Source)

Chambord (Rue de)

Quartier sur le thème des “Châteaux de la Renaissance”. (** Un prochain article développera ce thème)

Charles de Foucauld (Rue)

Le père Charles de Foucauld est né à Strasbourg le 3 septembre 1858 à l’emplacement actuel de la banque de France place Broglie. Officier et explorateur en Afrique, entré en religion et vivant en ermite, fut assassiné à Tamanrasset (sud de l’Algérie) dans le Hoggar en 1916, lors de la prise de la ville. Le père fut béatifié en 2004.

Chasseurs (Route des)

Doit sa dénomination à la maison du chasseur du lieu dit “Kalte Jäger”

Chenonceaux (Rue de)

Quartier sur le thème des “Châteaux de la Renaissance”. (** Un prochain article développera ce thème)

Chevalier Robert (Rue du)

Du nom du chevalier “Ruprecht Bock”, de la lignée des premiers châtelains de la Robertsau.

Cheverny (Rue de)

Quartier sur le thème des “Châteaux de la Renaissance”. (** Un prochain article développera ce thème)

Christ (Sentier)

Le Christ ou simplement Christ est le nom donné par l’ensemble des chrétiens à Jésus de Nazareth qu’ils considèrent comme le Messie.

Cigale (Rue de la)

Non loin de la Rue de la Fourmi (sera développé sous F)

Claude (Rue)

Quartier sur le thème des “Prénoms masculins” comme Félix, Jacques, Victor… (** Un prochain article développera ce thème)  

Closener (Rue)

Fritsche (ou Frédéric) Closener, chroniqueur, naquit à Strasbourg au commencement du XIVème siècle, d’une famille patricienne originaire de Benfeld, sans doute figurant  parmi les “Hussgenossen” de la ville de Strasbourg, (familles privilégiées auxquelles pouvait être confiée la direction de la monnaie). Frédéric entra dans les ordres et devint vicaire de Strasbourg.  En 1340 il obtint la principale des quatre riches prébendes de la chapelle Sainte Catherine. On peut dire que Closener a été le fondateur, le père de l’histoire d’Alsace et de Strasbourg, ses œuvres sont au  nombre de trois : le vocabulaire latin-allemand, la chronique allemande et le code des lois et coutumes du grand chapitre de l’église cathédrale. Il décède en 1384. (Source)

Coehorn (Rue de)

Menno, baron van Coehoorn (1641- 1704), est un soldat et ingénieur militaire néerlandais d’origine suédoise. Il est à l’origine de nombreuses innovations dans les armes de siège et les techniques de fortification. (Source)

Commandant Reibel (Rue du)

Jean Reibel, fils de jardinier du quartier, batelier puis engagé dans les corps des pontonniers (unités du génie militaire chargées de mettre en place, sur des cours d’eau, des ponts afin de permettre le franchissement de ceux-ci par les armées), il accède à l’épaulette grâce à son courage et termine sa carrière comme Commandant à Belfort. La famille Reibel est apparentée à la famille Fuchs (du Fuchs-am-Buckel) 

Conscrits (Place des)

Les “conscrits” signifient “l’ensemble des personnes nées la même année”. Remontant à la Révolution Française, la conscription ou “service militaire obligatoire” est institué le 5 septembre 1798, elle est une tradition durant laquelle les jeunes adultes de chaque commune se réunissaient et faisaient la fête, avant de partir à l’armée, et sont fortement liées aux fêtes des classes. Cette tradition était en fait un rituel car marquait en quelque sorte l’entrée des garçons dans le monde des adultes. En Alsace cette fête est encore très répendue, malgré la fin du Service National et la professionnalisation des armées sous Jacques Chirac en 1997.   (Source). 

Constant Strohl (Rue)

Directeur des travaux municipaux (1867-1921) ayant élaboré et exécuté le projet du tout-à- l’égout tel qu’il existe aujourd’hui.

Cuvier (Rue)

Charles Cuvier (1798-1881) Pasteur et écrivain, doyen de la faculté de lettres de Strasbourg en 1859, fondateur de la Société Evangélique de Strasbourg.

D

Dalhunden (Rue de)

Dalhunden est une commune française située dans le nord du département du Bas-Rhin, dans la région historique et culturelle d’Alsace.

David Richard (Rue)

David Richard (1806-1852) Médecin aliéniste et Directeur de l’asile de Brumath “Stephansfeld”. Il correspond avec George Sand entre 1833 et 1855 et a également écrit en langue allemande.

Denise Bindschedler (Rue)

Denise Bindschedler (1920-2008) est une juriste suisse, présidente de l’Institut des Droits de l’Homme de 1990 à 1996. Elle a reçu plusieurs distinctions : Médaille Pax Orbis ex Jure (1979), doctorat honoris causa de l’université de Fribourg (1982) et prix Walther Hug (1993). Première femme membre du Conseil synodal de l’Eglise catholique-chrétienne suisse (1966-1985). Auteur de nombreuses études sur le droit international. (Source)

Docteur François (Rue du)

Le Docteur François (1812-1872) parallèlement à sa profession de médecin a attaché son patronyme au théâtre dialectal.

Docteur Maurice Freysz (Rue du)

Maurice Freysz (1869-1958) était l’un des deux médecins officiant à la Robertsau au début de XXème siècle (l’autre étant le Dr Klingenhagen). Il a exercé également dans la politique locale, comme conseiller municipal et conseiller cantonal. Il a  réalisé une série d’écrits sur la Robertsau, sur le château d’Angleterre, sur la batellerie en Alsace et sur l’Orangerie (Revue “La vie en Alsace” 1925-1930). Il a passé toute sa vie à la Robertsau et en dernier lieu au 87 Rue Boecklin dans l’immeuble qu’il avait fait construire. Maurice Freysz était particulièrement estimé dans notre faubourg.

Docteur Woehrlin (Rue du)

Médecin cantonal (1847-1900) et enfant de la Robertsau chargé plus particulièrement de l’hygiène scolaire.

Doernel (Rue du) / Doernelbruck (Chemin du) / Doernelbruck (Quai du)

Lieu dit constituant une presqu’ile (du Doernel) entre l’Ill et le Muhlwasser, (signifie “fourré d’Aubépine”), on y accède (logique…) par la rue de l’Aubépine. Il reste un blockhaus de l’infanterie. Pour les non alsaciens “Bruck” signifie Pont.

Doller (Rue de la)

La Doller est une rivière du département du Haut-Rhin. C’est un affluent de l’Ill, donc un sous-affluent du Rhin.  Quartier sur le thème des “Rivières et affluents de l’Ill” (** Un prochain article développera ce thème)  

Droits de l’Homme (Allée des)

Quartier parlementaire oblige. Les droits de l’homme ( parfois appelés droits humains ou droits de la personne), sont un concept à la fois philosophique, juridique et politique, selon lequel tout être humain possède des droits universels, inaliénables, quel que soit le droit positif en vigueur ou d’autres facteurs locaux tels que l’ethnie, la nationalité ou la religion. (Source – En savoir plus)

Notre visite se termine aujourd’hui. Elle se poursuivra lors d’un article prochain !

 

 

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La Robertsau est un très grand quartier, il comporte par conséquence de nombreuses voies de circulation et récemment trois nouvelles allées (Voir notre article sur “La Résistance féminine à l’honneur le long du tram E”). Nous avons tenté d’être le plus précis que possible dans cette visite. Si nous avons, et nous en sommes quasi certains, oublié une rue… merci de nous le signaler, c’est avec grand plaisir que nous ferons un “errata”

Articles précédents sur le thème :

La Robertsau est-elle “à la rue” ou “tient-elle la route” ?

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