La Robertsau va-t-elle encore trembler longtemps comme ça ?

La Robertsau va-t-elle encore trembler longtemps comme ça ?

Les tremblements de terre qui touchent le Nord de Strasbourg n’en finissent pas. Il est temps de mettre fin définitivement au forage de géothermie profonde de Fonroche à Vendenheim.

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Un lecteur (Éric) du Blog de la Robertsau a laissé ce commentaire sous notre dernier article sur la géothermie profonde : 

Ça s’arrêtera le jour où la cathédrale se fissurera..

Faut-il attendre une catastrophe pour arrêter ? 

Si la cathédrale de Strasbourg devait se fissurer ce serait, bien sûr, une catastrophe pour le patrimoine historique mondial, mais les dégâts seraient importants pour le reste de la population. 

Les secousses de novembre étaient déjà assez importantes pour justifier au moins un arrêt des injections, les travaux pour leur part ont continué joyeusement sur site. On monte une commission d’enquête, qui ne peut que conclure aux évènements induits, c’est-à-dire provoqués par l’intervention de l’homme. Et des entreprises qui font des trous à plus de 5000m, il n’y en a pas beaucoup actuellement. 

Donc les essais reprennent “sous contrôle” de la Dreal et des autorités. Et bim, c’est reparti pour les tremblements de terre. Ce qui a obligé les communicants de Fonroche à sortir un communiqué

Fonroche Géothermie informe qu’un évènement sismique de magnitude 2,2, a été mesuré ce dimanche 8.11 vers 12h30 dans le périmètre de la Centrale de géothermie profonde à Vendenheim alors que l’exploitation est toujours à l’arrêt et le test de traçage suspendu. Cet épisode s’inscrit dans la continuité des mouvements souterrains qui avaient occasionné un événement de même nature le 5.11 vers 19h30. (…) L’hypothèse la plus probable repose sur une continuité de l’ajustement de la roche suite aux deux évènements précédents.

Fonroche
Le site de Fonroche – Géoven le 9 novembre 2020 – Capture d’écran

Que cherche Fonroche ?

L’entreprise cherche à injecter de l’eau sous pression (100 bars maximum en tête de puits) dans une faille géologique à plus de 4000 m de profondeur pour établir une communication avec une autre faille afin d’en récupérer l’énergie pour du chauffage urbain, industriel  en produire de l’électricité. 

Problème, à ces profondeurs, vous êtes aveugle. C’est d’ailleurs ce que disent, entre les lignes, les auteurs (INERIS et du BRGM) dans rapport mandaté par Fonroche après les secousses de novembre 2019 : 

Il est indispensable de mieux connaître la géologie 3D de cette zone pour pouvoir proposer un modèle hydrogéologique cohérent, c’est-à-dire la localisation des aquifères profonds, leur relation, la circulation de l’eau dans ces aquifères ou dans les zones fracturées, et finalement la connexion possible entre les deux puits.

L’autre étrangeté, c’est le différentiel entre les volumes injectés et ceux recueillis (x 1,77). En fait toute l’eau ne ressort pas, et une grande quantité reste piégée dans le sous-sol. 

Comment expliquer à la fois la montée en pression et une perte de l’eau (ou fuite) injectée ? Cela souligne les efforts nécessaires à faire dans la compréhension des écoulements dans le réservoir et dans la construction d’un modèle hydrogéologique ».

Article de 20 minutes Strasbourg – Capture d’écran

Dogmatisme de la Ville

Pourtant la Ville et l’Eurométropole campent sur leurs positions. Ainsi, sur 20 minutes Strasbourg, Marc Hoffsess Adjoint à la transition écologique déclarait : 

L’objectif de la production géothermale est de 620 gigawatts-heures par an, ce qui devrait représenter un peu moins de 10 % de la consommation de la communauté de communes dans trente ans (..) Grâce à ça, on pourrait assurer 40 % des besoins de chauffage de l’agglomération.

Avant d’essayer de rassurer : 

Nous serons très attentifs à la réduction des risques technologiques. On peut admettre de la microsismicité, elle est normale, mais il ne faut pas qu’elle soit impactante pour les habitants. Nous tenons aussi à une transparence la plus totale sur le dossier. Les associations de riverains, mais aussi naturalistes seront associées aux décisions prises. On a besoin de la confiance de la population.

La confiance des habitants qui n’ont jamais été, c’est le moins que l’on puisse dire, très enthousiastes sur le projet (Voir : l’Adir interpelle les candidats du second tour sur l’ouverture de la voie VNF et la géothermie profonde) doit s’éroder à chaque tremblement.

Les 11 et 12 novembre 2019 , des secousses sismiques ressenties par les habitants ont eu comme origine, selon tous les rapports indépendants, les forages géothermiques engagés sur le site de l’ancienne raffinerie de Reichstett. Personne ne peut être contre l’idée de trouver et d’exploiter des ressources énergétiques renouvelables mais est-ce que dans le cas présent cela doit se faire aux détriments des habitants ? En faisant courir un risque à la population ? Pour l’année 2019, 120 évènements sismiques ont été détectés sur ce territoire contre 34 en 2018, 4 en 2017, 0 en 2016 et 2015.

Il faut appliquer le principe de précaution ! 

Pourtant l’arrêté préfectoral du 24 mars 2016 autorisant les travaux de géothermie profonde était clair : en cas du dépassement du seuil d’alerte de magnitude 2, cela déclenche l’arrêt des opérations. 

Les opérations officielles ne sont même pas encore lancées que ça tremble de partout et pas qu’un peu. Vous êtes toujours très nombreux à nous signaler les secousses (et on vous en remercie) qui ne sont perceptibles par les humains qu’à partir de 2,6 sur l’échelle de Richter. 

Il est plus qu’urgent d’appliquer le principe simple de précaution : on ne sait pas, on ne voit pas, on ne contrôle pas… il faut donc tout arrêter. 

Le projet de géothermie profonde à Vendenheim n’est pas sous contrôle. Il faut l’arrêter avant qu’une catastrophe ne touche Strasbourg. 

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