Retour de vacances

Retour de vacances

Après une longue absence les statues du Kaysersguet ont retrouvé leur place dans le parc du Lieu d’Europe. Le blog de la Robertsau était là pour leur retour sur piédestal.

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Elles sont revenues… Les statues du Kaysersguet ont retrouvé leur place dans le parc Henri-Louis Kayser à l’entrée de la Robertsau, à deux pas de la station de tram Boecklin.

Après quelques années d’absence (mais où donc vont les statues lorsqu’elles sont en vacance ?), sept sculptures* ont été réinstallées dans le parc. Certaines bien en évidence et en pleine lumière, d’autres plus discrètes jouant à cache-cache dans la végétation. Elles invitent le visiteur à un parcours à travers le parc et forment avec les arbres majestueux un ensemble qui vaut le détour. Bientôt on pourra d’ailleurs traverser le parc de part en part et ce nouveau parcours fera, sans aucun doute, la joie des robertsauviens.

La rénovation s’est faite tout en douceur puisque les membres manquants – ici des doigts de pieds, ailleurs une jambe ou un bras ou encore un visage rongé par le temps et la pollution – n’ont pas été reconstitués. Un choix assumé et plutôt judicieux. Car viendrait-il à l’idée de quelqu’un de reconstituer le nez du sphinx de Gyzeh en Egypte ou de recoudre les bras et la tête à la Victoire de Samothrace ?

La restauration proprement dite a été assurée par Didier Jacquet, sculpteur de l’entreprise Socra de Périgueux qui a travaillé sur place pendant plusieurs mois. Un petit échafaudage a été utilisé et les garages du Lieu d’Europe ont servi d’atelier.

En amont, c’est Martin Labouré de l’entreprise Mescla qui a fait une étude de l’état de statues et établi le cahier des charges pour leur restauration.

« Il a d’abord fallu consolider les structures avant de réaliser un traitement biocide pour éliminer les algues et les mousses », précise le restaurateur de monuments.

Puis les sculptures ont subi un micro sablage avant de faire l’objet d’un dessalement : des remontées de nitrate et de sulfite se font par le sol et pour éliminer le sel il faut enduire les statues de compresses d’argile, de ouate de cellulose et d’eau déminéralisée .

« Cette phase a été la plus longue puisqu’il a fallu renouveler l’opération plusieurs fois avant d’arriver à un résultat satisfaisant », précise Didier Jacquet.« Des traces de peintures d’une restauration réalisée dans les années 70 pour protéger la pierre avec de la peinture ont aussi du être éliminées puisqu’en fait ce travail a eu l’effet inverse en empêchant le grès de respirer… ».

Et c’est seulement au terme de ce long processus que les parties altérées ont pu être consolidées avec un ragréage au mortier de silicate d’éthyle. Une opération durant la quelle

« On n’invente rien, on restitue l’œuvre telle qu’on l’a trouvée » souligne le sculpteur.

Socle, fût, corniche et enfin la sculpture elle-même ont ensuite été assemblés par l’entreprise Chanzy-Pardoux d’Illkirch-Graffenstaden qui en a aussi assuré la mise en place. Une petite semaine de boulot, autant dire rien, au regard de l’éternité désormais promise à la pierre.

Pour donner aux œuvres une assise stable, 10 m3 de béton auront quand même été nécessaires.Les voilà donc, plus pimpantes que jamais, prêtes à affronter les affres du temps. Encore que…

« Pour qu’elles traversent les années sans trop de dommage, il conviendrait d’entretenir ce patrimoine en le protégeant des intempéries et en refaisant régulièrement un traitement biocide. »

D’octobre à mars l’expert conseille de couvrir les statues avec des bâches respirantes ou de la paille… En tout cas pour ne pas les laisser dans l’ennui, nous vous conseillons de leur rendre visite régulièrement, car déjà elles s’interrogent : « C’est pour quand la prochaine vacance ? »

Les photos sont de Bernard Irrmann

* Le Rhin, La Moselle, Vulcain, ainsi que 4 statues qui représentent les 4 éléments : La Terre, l’Eau, l’Air, le Feu. La statue Mercure n’a pas été réinstallée puisqu’elle a disparu en 2006. Pour plus de précisions quant à leur origine (elles datent du 18eme siècle) on consultera un article de Dominique Toursel Harster dans les cahiers alsaciens d’archéologie d’art et d’histoire Tome LVII 2014 page 115 à 131.

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